Chaque
chose en son temps…
Après Alix Alvarez, nous voilà
"cuisinant" aujourd'hui son associé, tous deux incarnant l'arrivée d'une
nouvelle génération et, subséquemment d'un air nouveau dans la scène house. Cela
dit, s'ils ont eu quelque occasion de faire du bruit, ensemble ou séparément,
fermement attachés à leur héritage, ce que vous vous apprêtez à lire ci-après
est symptomatique d'un contexte actuel dans lequel il n'y a plus guère de place
pour la moindre improvisation. Say kids, what time is it ? It's time for Mr V…
Hey Victor.
Bienvenue à bord, quelles nouvelles ?
J'essaie de
survivre.
S'il y avait
un mot pour définir ce que tu es ?
Non
orthodoxe.
L'image que
tu aimerais donner de toi ?
Un côté à la
fois chic et sportif…
Tu es né en
1974 ; ce qui, si je ne m'abuse, a récemment fait de toi un trentenaire. Une
impression particulière ?
Je me sens
bien. Mon âge en vient à me rappeler combien je n'ai plus trop le temps de
traîner…
Je crois
qu'il est loisible d'affirmer sans te heurter ton appartenance à la seconde
génération des DJ's apparus avec les musiques dites électroniques et de la
troisième pour ce qui concerne la dance music. Qu'as-tu retenu de tes aînés ?
Ces mêmes
choses que celles qui leur ont été transmises. Je n'ai pas pour but de les
changer. J'aimerais juste pouvoir y apporter ma propre touche…
Penses-tu
avoir réalisé ce que tu veux jusque alors ?
Non. Ce n'est
qu'un début, il me reste encore tant à faire.
Les
circonstances qui t'ont amené à la musique. T'en souviens-tu exactement ?
J'ai été,
comme beaucoup, confronté à tous types de musique. Ma mère tenait un club
associatif. On voyait toutes sortes de gens y venir et la musique était en
conséquence.
L'environnement et les temps ont bien changé depuis. Qu'est ce qui te vient à
l'esprit en tout premier lieu ?
L'évolution
technologique. C'est devenu tellement plus facile aujourd'hui. C'en est presque
effrayant…
Te sens-tu à
l'occasion mélancolique, si ce n'est nostalgique ?
Oui, cela
m'arrive. J'essaie de rester concentré sur ce que j'ai à faire.
Comme
perçois-tu les changements intervenus entre ces périodes ? Qu'aurais-tu aimé
voir rester inchangé et que retiens-tu de positif de ce que nous vivons
aujourd'hui.
Je ne ressens
pas de problème particulier face à ce que nous vivons aujourd'hui. Nous faisons
le plus simplement qui soit notre "cuisine", même si les choses peuvent parfois
se gâter sous l'impulsion de quelques-uns de nos vétérans ou de producteurs au
parcours en dents de scie.
A l'inverse,
qu'est ce qui te semble négatif aujourd'hui et qui, par la force des choses,
devrait être corrigé ?
Ces mêmes
agissements de certains parmi ceux que l'on considère comme nos légendes.
J'espère pouvoir revenir un peu plus en détail sur cette question au moment
d'écrire un livre…
As-tu eu des
modèles, des héros ?
Mon père, ma
mère, Alix Alvarez, MAW, Robbi, Frankie Feliciano. Ils font partie de mes
proches….
Tu es quelque
part perçu comme le fils spirituel de Louie (Vega). Un commentaire ?
Waow. Un fils
spirituel ? Première nouvelle ! Mais c'est cool… Cela me fait comprendre combien
je suis sur la bonne voie lorsque l'on me compare à lui. Je lui dois beaucoup,
tu sais et je ferai de mon mieux pour ne pas le décevoir…
Qu'as-tu
appris de lui ? De Kenny ? De MAW et toute son organisation ?
J'ai beaucoup
appris de Louie… A la fois l'art de conduire les affaires et les bases du DJing.
De MAW, j'ai appris tout ce qui a trait à la présentation et ce qui conduit à
faire buisnes et sortir des bons disques…
Où trouves-tu
ton inspiration ?
Les grands
musiciens, et plus particulièrement les sessions live. Quand j'y assiste en tant
que simple spectateur où qu'il me donné d'apposer une ligne de guitare sur un
morceau et que ça claque bien. Cela me fait avancer dans mon apprentissage à
créer, structurer et produire de la musique de qualité.
Comment
est-ce de travailler avec autrui (Alix Alvarez en l'occurrence) ?
C'est
toujours bien de s'essayer à quelque chose ou plutôt de collaborer devrais-je
dire avec quelqu'un d'autre. Plus particulièrement quand tu pars de zéro sans
nécessairement savoir où tu veux aller…
Cela rend-il
les choses plus faciles ? Si oui, dans quelle mesure ?
Oui, un peu,
mais pas tant que cela dans la mesure où personne n'est là pour me prendre par
la main quand je fais du business, tant et si bien que j'apprends toujours. Le
meilleur conseil que j'ai reçu m'est venu Kevin Hedge de Blaze. Il m'a dit de ne
jamais oublier le fait que c'est d'abord un business avant d'être de la musique
et je le crois bien volontiers…
Qui fait quoi
? Auriez-vous en quelque sorte des cultures complémentaires ?
Nous sommes
tous deux producteurs. Nous en sommes tous les deux sensiblement au même point
si ce n'est le fait qu'il peut si besoin se charger des solos ; ce que je ne
sais pas faire. Je dirais que nous sommes plus complémentaires au niveau de nos
histoires respectives et je crois que cela se ressent pleinement dans ce que
nous accomplissons ensemble.
Comment vous
situez-vous l'un part rapport à l'autre ?
C'est
difficile de nous comparer l'un à l'autre. Nous avons des approches
différentes..
Quelle est
votre relation, sachant que tu es sensiblement plus âgé que lui ?
Nous sommes
sur la même longueur d'ondes artistiquement parlant. Notre amitié m'est chère.
Nous avons des conversations enflammées y compris en termes de business, mais le
respect que nous éprouvons à l'égard l'un de l'autre finit toujours par
l'emporter et nous amène à faire du mieux qui soit dans le respect de nos
intérêts respectifs.
Qu'est-ce qui
t'a donné l'envie de t'associer ? Et à Alix plus particulièrement ?
Il m'a suffi
de voir la faim qu'à Alix pour comprendre. J'ai pu voir combien je n'étais pas
le seul dans ce cas. Je le comprends à la fois comme un ami et un musicien.
Les Masters
At Work ont-ils été, là aussi, un exemple à suivre ?
Ils le sont
pour des milliers de gens, tu sais ?
Comment vous
êtes-vous rencontrés ?
J'ai
rencontré Louie à l'Underground Network en 94. Quant à Kenny, je crois que c'est
Louie qui me l'a présenté peu après…
Imaginons que
tu n'aies rien à voir avec la musique. Que te serais-tu vu faire ?
Je me serais
bien vu dans une boîte de marketing. J'adore la pub !
Même question
que celle posée à Alix : suppose que tu te retrouves sur une île déserte avec le
choix d'y emmener trois objets. Qu'en prendrais-tu ?
Un magazine
X, un couteau et des allumettes...
Ton futur
immédiat ?
$$$$$$$$$$$$,
j'espère…
Miami ?
Oui, j'y
serai pour y jouer pour la seconde fois. Plus d'infos sur mon site
<(djmrv.com).
Tes projets à
long terme ?
Faire de la
musique de qualité et des classics de préférence….
La question
qui ne t'a jamais été posée et à laquelle tu aimerais répondre…
Es-tu gay ?
Non, je suis une lesbienne… (rire).
Mr V presents THE DANCE
RITUAL PROJECT "Un Dia Bonito/Somethin' (Wit' Jazz) (SOLE Channel)
Mr V "Just Dance" (Vega
Records)
Plus d'infos :
DjMrV.com /
SOLEchannel.com