Nous sortons de
nos sujets habituels consacrés à ceux qui font de la musique cette semaine, le
temps d’une conversation avec un personnage sans qui certains de nos héros ne
disposeraient peut-être pas de l’exposition indispensable aux événements qu’ils
organisent. Un homme qui, bien qu’oeuvrant dans l’ombre, n’exerce pas moins un
rôle crucial dans la circulation de la bonne info au bon moment. Pour beaucoup
d’entre nous, il apparaît tel L’homme de la situation à New York, voyant son nom
associé à quelques-unes des plus belles soirées du moment. Mesdames et
messieurs, pour notre plus grand plaisir, cet hommage que nous rendons
aujourd’hui à… Robbi !
Robbi,
quelles nouvelles amigo ? Comment se sont passées les nombreuses fêtes qui ont
entouré la célébration de ton anniversaire ?
J’en garde un souvenir inoubliable. Tant de la part des DJ’s que de tous les
employés, des danseurs à tous ceux qui étaient au courant, tous ont fait preuve
d’enthousiasme.
Tu donnes
parfois l’impression d’être partout en même temps. Comment arrives tu à
promouvoir autant d’événements à la fois ?
Tout ce que je fais, c’est
promouvoir et quand je ne fais pas de la promo, je promeus. Plus sérieusement,
la promo est un job comme n’importe quel autre. Tout consiste à avoir affaire à
ce que l’on aime (la musique) et avoir quelque connaissance ou quelque proximité
avec tout ce qui tourne autour de cette scène, des clubs aux DJ’s, producteurs
et courants, puis mélanger le tout avec un minimum de bon sens et c’est à peu
près tout.
Qu’est-ce
qu’être un promoteur à New York aujourd’hui ?
Pour ce qui me concerne, j’opère à l’intention de millions de personnes autour
du globe et quand je dis autour du globe, c’est par opposition à ce qui consiste
à travailler dans un seul et même cercle de leaders d’opinion et de suiveurs…
Que
perçois-tu de l’évolution de tes activités depuis tes débuts ? Dans quelles
mesures ?
C’est surtout et avant tout la nature du public, qui varie en fonction de ce que
je promeus et de la manière dont je le fais. Le public change d’une semaine à
l’autre, simplement et d’abord parce que je dois faire avec toutes les
subtilités du business et les susceptibilités des patrons de clubs. Je pourrais
citer nombre d’autres choses qui ont changé, mais cet aspect est celui qui me
prend le plus d’énergie.
Qu’est-ce qui
t’a amené à cette activité ?
Pour faire court, je vivais chez ma tante dont la maison a brûlé. Alors, pour ne
pas me retrouver SDF, j’ai cherché une activité dans laquelle il me serait
possible de m’exprimer rapidement…
Les premiers
avec qui tu as officiellement travaillé ?
Underground Network (les tout premiers), Afterlife (Kim Lightfoot, Kalim Shabazz),
the Wreck Room, un petit salon avec un dancefloor où Danny Krivit venait se
produire le jeudi soir. A ce sujet, je puis dire que j’ai Danny bien avant les
80% de ceux qui font aujourd’hui comme s’ils le connaissaient déjà à l’époque.
Te verrais-tu
faire quelque chose de différent ? Si oui, qu’aurais-tu aimé ?
Naaan. Gagner au loto ?
Qu’est-ce que
faire une bonne promo à New York. En d’autres termes, quel canal te dois-tu
d’utiliser pour faire un bon travail de promo ?
C’est une question à laquelle je tends à laisser le public libre de répondre. Je
voudrais dire combien cela peut se faire sans avoir recours aux habituels
passe-droits ou faire le lèche-c** ! Je ne fais donc appel, comme je l’ai dit
précédemment, qu’au bon sens associé à mon amour de la musique, dont je fais
preuve en sortant ici ou là et tout finit plus ou moins par tourner dans le sens
que je souhaite.
Quel est ton
emploi du temps type ?
Toute la journée, et parfois la nuit, derrière mon ordinateur.
Quelle est ta
situation ? Autrement dit, combien d’événements dois-tu promouvoir pour espérer
vivre décemment
Je
mets mon joker sur cella-là !
Es-tu dans
l’obligation d’avoir des activités complémentaires ?
Non !
Ceux avec qui
tu travailles aujourd’hui ? Est-ce par exemple différent de travailler avec Tony
Humphries par rapport à Louie Vega
Woaw, bonne question, même s’il n’y a pas vraiment de différence. Ils sont tous
deux des grands DJ’s et c’est mon (ou plutôt) le job d’un promoteur d’être celui
qui leur porte assistance afin de les maintenir dans le circuit à NY.
Le fait que
les radios, à l’exception de rares émissions, ne soutiennent pas la house est-il
un problème ?
Je dirais que ça n’est pas de nature à favoriser une quelconque expansion, mais
il n’y a rien que nous puissions y faire, tant et si bien que je me concentre
sur d’autres canaux et qui sait si la situation ne finira pas par évoluer un
jour ou l’autre dans ce sens, mais je n’y pense même pas…
Quid de la
presse, à New York, sur un plan national ?
Dans mes rapports avec la presse locale, j’ai pu constater combien elle ne
s’intéressait guère qu’aux supposés prochains gros coups. Je remercie néanmoins
les publications qui prennent la peine de tenir un agenda ainsi que les radios
avec lesquelles je suis en relation.Quant à la presse nationale, je n’ai pas
grand-chose à dire…
L’arrivée
d’Internet a-t-elle rendu les choses plus faciles pour toi ? Ou bien se
pourrait-il qu’il n’existe rien de tel que le contact humain?
Bien plus
faciles, même si le contact physique reste déterminant…
Comment
perçois-tu la vie nocturne à NY ? Que devrait-on améliorer ? Quelle serait la
situation idéale ?
Je peux me faire griller pour ça mais si vicieuse et injuste que la
règlementation en vigueur soit, elle a en même temps rendu la vie nocturne plus
saine et sans doute plus riche.
Le fait que
tu te sois vu décerner un award en tant que promoteur de l’année pour la
troisième fois consécutive t’a-t-il aidé en quoi que ce soit ?
C’est clair. C’est un plus qui m’aide à faire venir plus de gens aux événements
et à la musique dont j’assure la promotion.
Ton meilleur
souvenir ?
Tous ces T-Shirts que j’ai reçus de l’industrie (je suis un pur addict).
Ta plus
grande déception ?
Il n’y en a pas vraiment. Je préfère ne pas m’appesantir sur la question.
Ce qui te
tient le plus à coeur ?
Cet exemplaire de ‘’What Kind Of House Party Is This", un livre de avec des
tonnes d’interviews de DJ’s/producteurs légendaires, dont on m’a dit que bien
peu de gens dans le monde en étaient les (heureux) possesseurs.
Comment
perçois-tu le public house en comparaison aux fans d’autres genres ?
Les
gens sont les gens, rien de plus !
Cette
nouvelle année par rapport aux précédentes ?
Bien mieux, tant dans ce que j’entreprends qu’au niveau des résultats, même si
je préfère l’état d’esprit des 90’s qui pourrait d’ailleurs bien revenir, vu le
bouillonnement que produit l’arrivée de nouveaux producteurs et notamment en
provenance d’Angleterre.
Vois-tu la
house rester underground ?
Ce ne serait pas le cas si beaucoup plus de gens avaient mon état d’esprit.
Tes projets
actuels…
Je m’occupe, le mercredi de Roots avec Louie Vega et Kevin Hedge, les soirées
Dance Ritual avec ce même Louie. Je fais aussi les Samedi au Shelter avec Timmy
Regisford ainsi que Ain’t Nuttin’ But A House Party une fois par mois avec
Jellybean Benitez et Marlon D.
Je travaille également à la promo pour des labels comme MAW Records et ses
subdivisions, Sole Channel Music, Jellybean Recordings, Soulgroove Records,
Steal Vybe Music et Big Moe Records.
Miami ?
Toutes les soirées avec MAW et celle du Shelter.
LOUIE VEGA
presents DANCE RITUAL (R2 Records)
More info :
www.r2records.com