Alors que la nature même de l’évolution est d’être tournée vers le
futur, le propre de l’homme avisé – l’entrepreneur – est de voir droit devant,
sinon au-delà. DJ, producteur, label manager and co dirigeant du label Soulfuric
et de la société de distribution SFR avec Marc Pomeroy, Brian Tappert
a (aussi) donné naissance au très en vue site traxsource.com sur
lequel il est loisible à tous ceux en quête de nouveautés de venir
s’approvisionner au moyen du téléchargement légal. Il nous invite à un petit du
propriétaire…
Hey Brian,
bien longtemps que nous ne nous étions plus parlé (sous la forme d’une interview
tout au moins) ! A l’époque – autour de 1996/97 – vous faisiez quelque bruit
déjà avec Michael Procter sous le nom d’UBP sur AM :PM ! Prêts à voir votre
propre label distribué par le défunt Northcott. Vous vous êtes par la suite
lancés dans la distribution (de vinyls) vous-mêmes. On peut penser que cette
expérience a du être de quelque utilité avant le lancement de traxsource…
Combien de temps cela vous a-t-il pris pour donner corps à cette nouvelle
entreprise ?
Marc et moi
avons commencé à penser au développement de traxsource il y a à peu près trois
ans. Cela a été fastidieux, mais quel challenge en même temps. D’autant qu’il
n’y avait aucun modèle en la matière. Nous nous sommes concentrés de manière
intense sur la manière dont, à notre sens, cela devrait marcher…
Combien de
personnes travaillent pour traxsource ?
Nous
disposons d’une équipe des plus performantes et sommes heureux de pouvoir
collaborer avec chacun de ses membres. Nous sommes 10 à plein temps,
travaillant pour traxsource, Soulfuric et SFR Distribution.
Il y a (bien
sûr) Marc et moi, mais aussi Sheldon Prince qui est le Directeur des
Opérations,
Megan Szatmary (Directrice financière et Business Affairs), Mike Waldhorn
(Directeur Technique), Ryan Mishkin (Assistant aux Opérations), Patrick Green,
Scott Prieto, ainsi que Liz et Megan Merchberge au secrétariat. Kurosh Nasseri
travaille également avec nous en tant que Conseiller Financier pour tout ce qui
concerne les affaires légales.
Quelle est
votre réponse face à ceux qui disent que le MP3 tue le vinyl ?
Nous disons
qu’ils ont raison, mais qu’on n’oublie pas de faire la distinction entre ce qui
est bon et ce qui est mauvais. Entre le téléchargement payant, légal et le
téléchargement gratuit, illégal.
Sans parler
du fait que nous sommes nous-mêmes dans le vinyl depuis 1993 ; ce qui fait que
nous savons de quoi nous parlons. SFR opère en tant que presseur et distributeur
pour le compte de 13 labels et nous n’avons pas envie de nous arrêter là. Le
vinyl est toujours vivant, aucun doute !
Ceux qui
téléchargent sur votre site achètent-ils également des vinyls où sont-ce des
clients différents ? En d’autres termes, votre initiative pourrait-elle être
perçue comme la réponse appropriée aux problèmes que rencontre la promo
aujourd’hui ?
A partir de
ce que nous avons constaté jusque alors, il y a deux types de marchés. Ceux qui
achètent du vinyl et les autres ! Les seuls qui continuent à acheter du vinyl
sont les inconditionnels et ce n’est pas le téléchargement de MP3’s, légal ou
non, qui les empêchera de continuer. Ceux qui achètent des fichiers viennent
d’horizons divers, qu’il s’agisse de DJ’s ou de fans de house. Certains achètent
même parfois les deux formats en fonction de leurs desiderata du moment.
Quoi qu’il en
soit, il semble que vous ayez élaboré là l’arme parfaite/la réponse appropriée
face à ce qu’il est loisible d’entrevoir, si ce n’est la situation actuelle.
Est-ce dans le sens de l’évolution et si oui, le vinyl est-il appelé à
disparaître ?
Nous pensons
que l’évolution comme l’accroissement du marché digital est inéluctable. Cela
dit, le vinyl a encore quelques beaux jours devant lui, même s’il apparaît de
plus en plus difficile de vendre et d’être payé en conséquence…
Il semble que
nous soyons au milieu d’un changement radical aujourd’hui, si ce n’est une
révolution. Combien de temps penses-tu que cela devrait durer ?
La seule
chose qui ne change pas, c’est que rien ne reste figé.

Quel a été
votre mois le plus consistant en termes de ventes à ce jour et combien de
téléchargements cela représente-t-il ?
Nous
commençons à voir certaines références dépasser le cap des 1000 unités.
L’une des caractéristiques de traxsource est que nous offrons la possibilité de
télécharger la totalité des différentes versions d’une référence à la fois. Ce
qui fait qu’un morceau présenté sous quatre versions différentes qui ferait
l’objet de 500 acquisitions dont la moitié pour l’ensemble équivaudrait à une
vente de 1000 unités suivant les standards d’itunes…
Comment les
labels réagissent-ils à ce jour ?
Ils en sont
très heureux. Nous sommes très soucieux en termes de sélection. Nous pensons
offrir un réel particularisme sur traxsource et espérons être perçu comme tel.
Quant à
Soulfuric, as-tu noté une évolution (en + ou en -) en termes de vente de
vinyls ?
Oui, nous
vendons plus depuis quelques mois et l’apparition de traxsource.
Cette
expérience avec traxsource a-t-elle répondu à vos attentes initiales ?
Oui et dans
tous les compartiments. La seule chose que nous avons sous-estimée est la masse
de travail qu’il nous faut accomplir au quotidien. C’est une foule de détails,
mais heureusement, nous avons l’équipe qu’il faut.
A quoi
s’attendre sur traxsource ?
Toutes les
bombes de Miami ! Et le fait est que c’est là aussi un travail quotidien,
d’autant que les labels en profitent pour venir tester des références et par là
même avoir recours au rôle promotionnel de traxsource. On n’a pas vraiment le
temps de dormir.
Joues tu
toi-même avec des MP3’s ?
Si tu fais
référence à ce qui serait un set depuis un ordinateur, non !. Je travaille
aujourd’hui à partir de CD’s à 95% dont beaucoup sont constitués à partir de
MP3. En tant qu’A&R, j’ai également recours au MP3’s s’agissant du développement
de projets. Je peux jouer des morceaux parfois un an avant qu’ils ne sortent à
partir de démos MP3. En plus, tous les producteurs et labels ont recours à ce
format depuis des années. La révolution digitale est une réalité intangible.
Qu’attends-tu
de Miami cette année ? Cela a tellement changé depuis de bon vieux temps autour
de la piscine du Fontainebleau…
Nous espérons
y avoir une belle soirée et entendre de la musique inspirée. Tout tourne autour
des soirées et des copains. Le networking de l’époque du Fontainebleau est
toujours là, mais plus comme avant. Maintenant, il te faut prendre des
rendez-vous, etc. C’est devenu très ennuyeux.
N’est-ce pas
quelque part un non sens de voir chacun faire ses propres soirées alors qu’il
n’y a même plus un endroit où nous pourrions nous retrouver – tous ensemble –
comme il y a quelques années ?
Ce serait super…
Mais l’évènement a pris une dimension telle que c’est hors de question pour la
WMC. L’époque des Magic Sessions au Warsaw ou des mixes de Danny au Groove Jet
nous manque à tous. Waow, quels souvenirs !
Merci pour ta
contribution et rendez-vous là-bas. Peace,
Respect… et
merci pour ce témoignage d’intérêt. On se voit à Miami :)
Plus d’info :
www.traxsource.com
Soulfuric & Friends
mardi 22/03 au Crobar de Miami à partir de 21H00, starring Brian Tappert, John
"Julius" Knight, Jask, Ron Carroll, Grant Nelson et Sheldon Prince + live P.A.s
de Shawn Christopher & Melba Moore.