Nous signons en quelque sorte un précédent en accueillant pour la toute
première fois un artiste venu de l’Empire du Soleil Levant en la personne de
Ryota Nozaki, mieux connu sous le nom de Jazztronik. Un homme qui
devait faire quelque bruit il y a tout juste un an, avec le mémorable "Samurai"
joué par quelques-uns des plus fins limiers du DJing dont Glenn Underground
et DJ Spinna notamment. Cette semaine le voit prêt à sortir l’album
du nom avec, dans la foulée, une tournée européenne. Autant de raisons qui nous
ont donné l’envie d’en savoir un peu plus à son sujet…
Ryota,
bienvenue à bord. Comment te sens-tu à l’idée de la sortie de cet album et de la
tournée qui s’en suit ?
Plutôt excité. C’est la première fois
que je viens jouer à Londres et sur le Continent. Tout n’est pas encore
complètement réglé, mais je suis vraiment impatient.
Quelle est ta
perception de l’Europe et comment voit-on ce continent du Japon ?
L’Europe a
incontestablement une longue histoire et nous autres Japonais sommes fascinés
par ce sujet et ses nombreux aspects culturels. C’est pourquoi on voit autant de
touristes nippons dans le monde. Nous avons toujours été intéressés par les
cultures autres que la nôtre…
Quels pays
connais-tu en Europe ? De quels Européens te sens-tu le plus proche d’un point
de vue musical ?
Je suis allé
comme touriste en Italie, en France, en Allemagne, en Autriche en Suisse et au
Royaume-Uni jusque alors. En tant que producteur japonais, je me sens bien plus
proche de l’Europe que, disons… des USA.
Comment les
musiciens européens sont-ils considérés au Japon ?
La question
m’est quelque peu étrange. Je dirais qu’il y a beaucoup de bons musiciens, tant
en Europe qu’au Japon.
La vivacité
de votre scène donne à penser que vous disposez de nombreux endroits où vous
pouvez vous produire sur scène/jouer. Est-ce le cas ?
Pour ce qui
concerne 2004,il ne s’est pas trouvé un seul week-end sans que je joue, que ce
soit sous la bannière de Jazztronik ou encore derrière les platines, et même
parfois les deux à la fois !!!
Toujours en
contact avec les sociétaires de Flower Records chez qui tu as fait tes débuts ?
Un mot de cette première expérience… where you've had your debut ? Tell us about
this first experience…
Je suis
toujours en contact avec Flower, bien que je ne sois pas sûr d’enregistrer pour
eux à nouveau. J’aimerais bien remixer cette année un ou deux de mes morceaux -
''Inner Flight'' et ''Feel The Air'' –pour le label. On verra…
As-tu eu
quelque formation ou es-tu, comme le disent les Jazzanova d’eux-mêmes, un non
musicien ?
Ma mère m’a
initié puis j’ai étudié la musique avant d’aller à la fac. J’ai étudié la
musique pendant des années ; d’abord le classique, puis le moderne. J’ai pendant
un temps perdu l’intérêt à l’égard du piano, puis tout est revenu d’un coup,
comme par magie, avec l’arrivée d’une nouvelle prof qui était très jolie.
Ton enfance ?
Ton environnement ?
Comme je
viens de le dire, j’ai vécu tout jeune dans un environnement musical. La
première musique dont je puisse me souvenir en dehors du classique a été le rock
japonais.
Tes
influences ? Ton background ?
En dehors du
classique, Herbie Hancock, George Duke, Ennio Morricone, Chick Corea... Je me
suis tourné vers la musique dite moderne, alors que j’étudiais pendant la
journée et que je sortais dans les clubs le soir. J’aimais l’idée de créer une
musique sur laquelle les gens pourraient danser. C’est quelque chose qui
m’excitait. J’ai écouté beaucoup de musique espagnole, si bien que je suis sûr
que cela va ressortir un jour ou l’autre dans mon travail.
Tu sors ce
qui est (déjà) ton 7° album à ce jour. As-tu le sentiment que cela t’a pris
beaucoup de temps avant de commencer à être connu à l’extérieur du Japon ?
Probablement
et la raison en est essentiellement notre langue qui freine le public non
japonais à l’idée d’écouter notre musique. J’ai commencé à récolter un début de
reconnaissance à l’étranger avec des morceaux comme
'''Inner Flight'' par exemple. Puis cela a
été plus vite avec la sortie d’une compilation de mes morceaux sur le label
anglais Counterpoint ; ce qui m’a permis de bénéficier de plus d’attention, tant
de la part de la presse japonaise que du public local.
As-tu jamais
ressenti l’envie de vivre dans d’autres pays ? Si oui, le(s)quel(s) ?
Le Sud de la
France, l’Allemagne, l’Italie, l’Angleterre… J’ai pensé vivre dans tous ces pays
!
Que t’a
apporté la technologie ?
De bonnes et
de mauvaises choses. Parfois cela aide. En d’autres occasions, ça gène…
Pourquoi
Samurai en tant que titre ? L’histoire de ce single/de cet album ?
Je voulais
sortir un morceau avec un titre japonais. Un titre qui établirait la connexion,
non seulement avec le public japonais, mais aussi ailleurs dans le monde. Tout
le monde sait ce qu’est un samurai. La mélodie est elle aussi traditionnelle,
tout comme le phrasé. J’ai tenu à cet aspect traditionnel associé à l’histoire
japonaise en lui donnant un côté contemporain avant de lui ajouter un broken
beat. Les morceaux de cet LP sont extraits de deux albums ; le premier sur
Tokuma et l’autre sur Flower. Ils ont été sélectionnés par Pantone !
Comment
perçois-tu le processus du téléchargement ? De la situation actuelle ?
C’est une
question sérieuse à laquelle il nous faut penser plus en avant. Des groupes pop
japonais qui vendaient 3 à 4 millions d’albums n’en vendent guère plus du quart
aujourd’hui. Le téléchargement illégal doit faire l’objet d’un traitement en
profondeur. C’est toute la valeur de la musique qui disparaît avec le
téléchargement illégal ; on ne la ressent plus du tout de la même manière.
Tes projets
immédiats.
Eh bien,
remixer peut-être ‘’Inner Flight’’ et ‘’Feel The Air’’ ainsi que mon single
actuel sur of my current single on Tokuma pour un autre label qui me permettrait
de le sortir sur vinyl. Pantone a également commissionné S.U.M.O. pour relifter
un extrait de l’album Samurai que je n’ai pas encore eu l’occasion d’écouter
jusque alors. Je suis par ailleurs en train d’enregistrer un nouvel album pour
Tokuma et j’aimerais bien pouvoir enregistrer (collaborer ???) avec plus
d’Européens et pourquoi pas des Américains. Les choses se passent plutôt bien
pour moi, même si je n’ai jamais autant travaillé de ma vie.
JAZZTRONIK Samurai LP
(Pantone Music)
Big ups to Yuki Weston for
translation