Il y a un début
à tout, et c’est au moment où le traitement de l’info qui nous intéresse se voit
réduit à une peau qui a largement dépassé le stade de chagrin, que nous lançons
ce premier Politics Of Dancing… en français !
Vous l’aurez
remarqué de longue date : point besoin d’être un observateur avisé pour voir
combien – et comment lorsque c’est le cas !!! - il est fait état des sujets
sensés nous intéresser dans le paysage médiatique hexagonal. Sempiternelle
question de… ‘culture’ locale que nous avons déjà évoquée dans ces pages, jetant
invariablement un regard condescendant, quand il n’est pas dédaigneux, à propos
de ces musiques qui nous réunissent, et par là même de leurs protagonistes…
L’histoire n’en
est pas moins là, si tant est que l’on ait quelque connaissance en la matière,
pour nous rappeler au souvenir de rares activistes dont les choix à l’époque ont
substantiellement contribué à susciter notre intérêt commun à l’égard de ces
mouvements dont nous essayons de comprendre l’évolution. Qu’il s’agisse de
François Diwo sur Europe 1 à la fin des années 70 ou encore du
regretté Bernard Schuh sur RTL, plus tard de Jean-Michel Doué
et Rémy Saint-Jacques à l’heure du Manhattan Show dont il existe
encore des enregistrements mythiques sur cassette, puis de RLP (à
l’époque où il officiait sur La Voix du Lézard), Dimitri, Bibi
et autre Sammy Dee, ainsi qu’une poignée d’irréductibles en province,
comme la grande époque de La Voix du Nord au début des années 80
notamment. Sans parler de Didier Lestrade sur Libé.
Vingt-cinq ans
(ou presque) après, où en sommes-nous ? Au point zéro, comme si tout cela
n’avait finalement jamais existé ! Comme si nombre de morceaux qui ont marqué
cette époque et qui changent de mains chaque jour pour de véritables fortunes
sur des sites de ventes aux enchères n’étaient jamais sortis… On oublie pourtant
bien souvent que ce qui est porté à notre attention aujourd’hui n’est autre que
du recyclage quasi systématique de ce qui avait cours hier et que ceux qui font
les jolis cœurs tirent leurs subsides d’aînés qu’ils n’ont (tout aussi souvent
d’ailleurs) pas même la décence de citer dans les crédits qui accompagnent leurs
travaux. Tant et si bien que l’on se retrouve face à des dits artistes qui, dès
lors qu’ils ne disposent plus de la fonction ‘copier coller’ à portée de main,
en viennent rapidement à montrer leurs limites, que ce soit dans le domaine de
la production comme du DJing.
Nous avons pris
pour ce qui nous concerne, et ainsi que vous l’aurez constaté, quelque distance
ainsi que le temps nécessaire à la réflexion quant à la portée et au futur de
notre action, conscients de notre position, à la fois isolée et, de fait,
d’autant plus fragile, dans un environnement local peu propice à l’initiative et
a fortiori s’agissant de domaines réputés alternatifs. C’est là que le mot
communauté prend tout son sens et qu’il nous sera loisible de faire la
différence entre ceux qui en font réellement partie et ceux qui ne font
qu’essayer d’en tirer quelque avantage.
S’il n’est reste
(plus) qu’un… MFSB