Quelque 30 ans après la naissance du nightclubbing et l’arrivée du
disco auxquelles – faut-il le rappeler ? – les Français sont loin d’être
étrangers, que reste-t-il ? Une production actuelle qui, faute d’idées propres,
tourne majoritairement en rond, sortant des reprises de plus ou moins bonne
facture quant elle ne se livre pas à du pillage pur et simple. Nombre de
promoteurs qui, sous prétexte qu’ils se paient les services de quelque célébrité
du moment, se la jouent eux-mêmes stars au mépris des clubbers. Un paysage
médiatique qui, au lieu d’assumer son rôle supposé de critique, sombre dans le
réputé consensuel. C’est la même chanson…
Dans l’Hexagone,
visiblement rien de nouveau, à l’image d’une société qui n’aime décidément pas
que ça change. La reconnaissance, fut-elle tardive, de la musique électronique
(et avec elle de la house) avec l’organisation des premières raves au début des
années 90 n’avait pourtant pas moins fait souffler un vent nouveau. Las, 15 ans
après, les sempiternels relents post-rock locaux ont refait leur apparition de
plus belle, allant jusqu’à gangrener les travaux de nombre de ceux qui s’étaient
fait les chantres du renouveau, voyant ceux restés fidèles à leur conviction
réduits à une portion de plus en plus congrue.
La France n’en
finit plus de s’asphyxier, restant campée sur des positions obsolètes dans un
monde qui bouge à chaque seconde, sous la pression permanente de personnages
voyant en chaque expression de volonté (nécessité ?) de changement une menace de
remise en cause de leurs privilèges (les fameux dits acquis). Et ce qui est
manifeste en termes d’économie/de politique, l’est tout autant dans le domaine
dit de la culture, partagé entre produits marketés à la sauce Star Academy
et consorts, (vieilles) valeurs réputées sûres et de nombreux incapables vivant
aux crochets du Ministère de tutelle. La vieille Europe, disait George
W. Bush, dans un élan pas nécessairement infondé pour le compte. Propos
d’ailleurs repris ici ou là par des personnages aussi divers que Laurent
Garnier disant de Paris qu’elle est une ville de… vieux, comparée à
Londres, Berlin ou même Vienne. Mais aussi Florence Schaal,
correspondante permanente de TF1 en Russie, déclarant récemment dans une
interview sur Europe1 que Paris lui faisait l’effet d’une ville de
province, comparée à… Moscou !!!
Point besoin de
sortir de Polytechnique pour voir combien ladite exception française au nom de
je ne sais quel réflexe ‘cocoriciste’ pèse un peu plus chaque jour dans les
échanges interplanétaires, face à une compétition qui n’a jamais été aussi rude.
La classe politique largement relayée par les media hexagonaux n’en finit plus
de jeter l’anathème sur ladite ‘mondialisation’, responsable à ses yeux de tous
les maux dont nous souffrons, comme s’il n’y avait jamais eu que la France et sa
façon de penser d’un côté et le reste du monde de l’autre… Réactions plutôt
paradoxales de la part de dirigeants qui, quelle que soit leur couleur
politique, n’ont eu de cesse de tenter de justifier leur existence face à ce
qu’ils vilipendaient comme étant à leurs yeux la pensée unique !
Las, les années
se suivent et se ressemblent inexorablement, avec comme le disait feu le
Général de Gaulle, ces mêmes petits hommes qui, au coin de leur même
petit feu, refont leur même… petite politique sans envisager la possibilité
de viabilité pour une quelconque alternative…
La France
s’apprête une fois encore à sommeiller pendant la période estivale et qu’importe
que 10% de sa population active soient sur le carreau, quand tout autour
continue de tourner à plein régime ou presque. Le 1° juillet, on aura comme
chaque année droit à une révision des tarifs des services publics et, quelques
mois plus tard, aux non moins habituelles revendications visant à une
réévaluation des salaires en conséquence. Et ainsi de suite, dans ce que le
regretté Jean Yanne appelait le pays de la… liberté, égalité,
choucroute !
On comprend
mieux dès lors, et à plus forte raison lorsqu’il s’agit de sujets réputés
mineurs, comment une certaine résignation nous a amenés à accepter tacitement ce
qui n’est autre qu’un nivellement progressif par le bas quand le principe même
de la République aux yeux des révolutionnaires de l’époque, était la recherche
d’une élévation pour tous. Bref, bien loin des indéboulonnables Licence IV,
‘Danse des Canards’ j’en passe et de meilleures appelés une fois encore à faire
la pluie et le beau temps sur les dancefloors improvisés des campings de France
et de Navarre. C’est la même… chanson ! MFSB