
C’est bien connu : mieux vaut inspirer envie que pitié. Autrement dit : être riche et bien portant que pauvre et malade ! Reste à savoir, ce que l’on entend par l’un… et par l’autre. Car c’est bien d’entendre (et pour cause quant à ce qui nous concerne ici) dont il s’agit et il faut bien avouer que ce que l’on est amené tant à écouter qu’à voir dépasse bien souvent l’entendement…
L’ouie de l’oie ouit-elle ce que toute oie ouit ? L’on serait là tenté de répondre par l’affirmative et donc par oui ! Pour autant, ne vous y trompez pas, car il n’est pas à proprement dit question ici de disserter sur cette fameuse réplique de Raymond Devos, mais bel et bien de notre environnement sensoriel. A savoir de ce qui nous est proposé ou plutôt devrais-je dire imposé jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, où que l’on soit. Derrière son petit écran, à l’écoute de la radio, en club ou dans un bar, etc, etc… Et Dieu sait si, en dépit de la surproduction de l’offre et la multiplicité des supports, le choix n’a paradoxalement jamais paru aussi restreint, comme si l’uniformisation de nos modes de vie était inéluctable, avec le risque, un jour, de voir l’intégralité du système livré aux mains d’un pôle décisionnaire, voire d’un homme. Vous me direz – et c’est encore heureux – que nous n’en sommes pas encore là. Et pourtant, à y regarder de plus près, nous n’en sommes finalement peut-être pas si loin dans le sens où nous n’en avons jamais été aussi près… Les deux dernières décennies avaient pourtant laissé entrevoir quelque lueur d’espoir avec la libéralisation de la bande FM et le foisonnement d’initiatives privées. Las l’institutionnalisation en règle est passée par là, ne laissant aujourd’hui plus guère de champ à la nécessaire nouveauté, voyant ceux qui étaient supposés l’incarner coller aux supposées attentes du plus grand nombre sous la pression des financiers, tandis que les esprits libres et créateurs en sont de plus en plus réduits à essayer ne serait-ce que de survivre au jour le jour. Et voilà qui nous ramène au thème déjà abordé dans ces pages de la fameuse échelle de valeurs dont on ne sait plus bien ce qu’elle est supposée récompenser. Le (bon) goût ? Notion par trop subjective, car relative à tout un chacun. Le talent ? Ca se saurait depuis quelque temps déjà… Non, c’est du côté du business qu’il faut chercher et la plupart de ceux dont ON nous vante les mérites aujourd’hui l’ont bien compris. Certains, avec plus de subtilité apparente que d’autres, mais le résultat est là. On reprend à tout va, on réadapte, on recycle, on s’en accapare presque la propriété et ce, bien souvent, sans faire mieux que l’original et, en plus, on en tire tout le bénéfice. Tant qu’à faire, autant ne rien laisser au hasard, d’autant plus que c’est aujourd’hui un fait admis. Sans parler d’une mémoire collective, quand il ne s’agit pas de conscience, qui n’en sont guère à leurs premières omissions/aberrations.
Détournements d’images de sons ou autres, la production contemporaine en a fait son credo depuis déjà des lustres, tandis que nous autres, citoyens réputés dignes de ce nom, laissons nos principes aux vestiaires pour satisfaire nos envies du moment. Ainsi, dès lors que nous n’hésitons pas à nous chausser en optant pour des marques dont on sait très bien qu’elles ont recours à des prisonniers politiques chinois dans leurs unités de production ou encore que nous nous vautrons sur ladite mal bouffe pour économiser ce que l’on dépense à côté au profit des marques citées ci-dessus, on ne s’étonnera plus guère de voir tel ou tel label reprendre un logo ou un visuel ou tel ou tel réputé producteur du moment piller dans le répertoire de ses prédécesseurs. Des prédécesseurs qui ont pour noms Chicago, Damaris, Bunny Mack et bien d’autres comme, plus récemment un célèbre DJ/producteur de Chicago (la ville). Vous savez ? Celui dont il a plus ou moins été repris le fameux sifflet à la Starac…
Dieu m’a donné la foi, disait une autre ! MFSB