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Sunday 07th of September 2008 10:54:13 PM |
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SPECIAL DANCE MUSIC : ENGLAND 4 EVER Pt.3
Posted on Wednesday, October 26 @ 20:16:41 CEST by mfsb |
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Troisième chapitre de notre dossier consacré à la genèse et l’évolution de la dance music vues du côté d’un pays – le Royaume Uni – dont elle a fini par intégrer la culture.
Depuis les premières expériences jazz funk d’Incognito au début des années 80, de Light Of The World ou encore Loose Ends, en passant par l’acid jazz, la brit soul, le drum & bass, le speed garage, le 2step, sans oublier la house, l’acid, voire même le trip hop sous l’influence de Massive Attack, la communauté afro/caribéenne peut se targuer d’avoir écrit quelques-unes des plus belles pages de la production estampillée made in UK. Morceaux choisis…
En dépit d’une club scène tant locale qu’internationale majoritairement dominée par les uptempos house et dérivés, la production soul a connu un essor sans précédent outre-Manche, dont l’apogée se situe à la fin des années 80/début des années 90. Preuve à la fois du particularisme et de l’éclectisme dont nos voisins ont toujours su faire preuve.
Il est vrai que la soul a toujours bénéficié d’un crédit certain auprès des habitants de l’Archipel, grâce au soutien régulier de fervents supporters, au nombre desquels John E. Abbey fondateur du magazine Blues & Soul, Ian Levine, ex DJ venu fonder Motorcity Records (sorte de pendant local de la Motown façon Berry Gordy), Robbie Vincent, animateur phare sur Radio 1 et aujourd’hui sur JazzFM, Dr Bob Jones à la tête de Chillifunk, Ralph Tee, auteur du mémorable Who’s Who In Soul Music en 1992 et une poignée d’autres. D’où la grande notoriété dont ont pu se prévaloir à l’époque les Luther Vandross, Alexander O’Neal et autre Anita Baker, mais aussi les Anglais Loose Ends, Billy Ocean ou encore Junior quand bien même leurs signatures sur des majors en feront davantage des artistes dits black pop à l’époque.
La soul anglaise prend définitivement ses marques en 1988 avec les débuts de Nellee Hooper et Jazzie B réunis sous le nom de Soul II Soul (voir interview dans notre série Vintage). On assiste là à une véritable révolution. D’abord, parce qu’aux productions léchées du moment essentiellement venus des Etats-Unis, les deux compères y opposent, faute de moyens, des arrangements minimalistes et sobres, à l’instar de ‘Feel Free’ et ‘Fairplay’ qu’ils sortent pratiquement à compte d’auteurs. Ensuite, parce que leurs travaux tranchent de par leurs influences, afro/caribéennes, nées de l’étroit mélange des cultures des minorités établie dans l’ancienne ‘Terre des Angles’.
A l’image de Coldcut à ses débuts, avec Yazz puis Lisa Stansfield ou encore des Beatmasters avec PP Arnold, le duo perpétue la tradition du sound system qu’il était sous sa forme initiale en s’entourant de chanteuse interchangeables dès qu’il en obtient les moyens, au fil des succès qu’il amasse. Se succéderont ainsi dans ses rangs Rose Windross, Kym Mazelle, Victoria Wilson-James et, la plus connue d’entre elles, Caron Wheeler. La signature d’un contrat avec le collectif AVL (Associated Virgin Labels) lui donne les moyens d’affiner le rendu de ses compositions, sans pour autanbt tomber dans le piège de la surproduction. Le succès planétaire de ‘Back To Life’ et ‘Keep On Movin’’ consacre SIIS et ses rythmiques caractéristiques que beaucoup reprendront par la suite. La sortie, plus tard, des nombreux travaux frappés de la griffe Soul II Soul fera l’objet d’une attention sans cesse renouvelée : des Chimes à Maxi Priest ou encore Family Stand (pour les remixes) à Massive (Attack) derrière qui seul Hooper apparaît, à un album de James Brown et quelques compositions pour Barry White produits par Jazzie B.
 La Brit-Soul est née et si certains artistes comme Mica Paris, Don E, YoYo Honey, Driza Bone, D-Influence, Young Disciples ou encore The Escofferys optent pour la signature d’un contrat avec une major, on ne compte pas tous ceux qui, nombreux, resteront attachés aux méthodes de travail des indés dont une attention particulière compense le manque de moyens. Ainsi Omar, bruyamment revenu sur Kongo Records, le label de son père, après deux albums sortis sur Talkin’Loud ou encore The McKoy Family dont le chanteur ( Noel) est l’interprète du classique ‘I Love The Life’, titre phare du James Taylor Quartet.
Pas plus d’ailleurs ne compte-t-on tous ces petits labels qui, devant la monstruosité des catalogues des multi nationales, offrent une alternative de choix à tous ces noms en quête de reconnaissance.
Certains’y sont bâti une solide réputation comme Acid Jazz, le label d’Eddie Pillar, attaché à son rôle de laboratoire d’où sortiront, entre autres, les Brand New Heavies, Diana Brown & Barrie K Sharpe (voir également sujet dans notre rubrique Vintage), D-Influence, James Taylor Quartet sans oublier Jamiroquai !
On évoque encore le terme de street soul pour une musique pratiquement conçue dans la rue et promue avec des moyens de proximité. Dans ce cas, pas ou peu de pub ou d’opéruation médiatique d’envergure, mais un contact permament avec les clubs, salles de spectacles, radios et disquaires spécialisés, ainsi que l’exploitation du moindre événement (PA, weekenders) susceptible d’accroître la notoriété auprès d’un public de base dans un premier temps. Méthode qui fera largement ses preuves avec le jaillissement de nouveaux venus tels Joanna Law, Sinclair, les Nightcrawlers ou encore Martine Girault, sacrée révélation de l’année 1992 avec la sortie d’un premier single opportunément intitulé ‘The Revival’
 Il y a eu la (Brit) soul, il y aura également l’acid… jazz, terme utilisé pour la première fois en 1988 sur ces véritables compilations d’anthologie que sont les Acid Jazz & Other Illicit Grooves conçues par… Gilles Peterson et Eddie Pillar.
L’acid jazz n’a pourtant rien d’une tendance, mais plus d’un état d’esprit. Il naît en quelque sorte en réaction aux sonorités synthétiques de la house et du hiop hop dans une moindre mesure. Un concept d’ailleurs bien plus américain qu’anglais à la base. On parle là bas de jazz not jazz dont les instigateurs sont Maurice Bernstein et Jonathan Rudnick. Connus à l’époque pour être les promoteurs de la Groove Academy, on leur doit les fameuses Giant Step Parties à New York, soirées au cours desquelles des rappers profitent de la présence de jazzmen pour délivrer leurs rilmes sur de la musique live improvisée. C’est l’époque du grand retour des Last Poets, des débuts de Gangstarr, de la reconnaissance des Dream Warriors.
L’acid jazz est avant tout un état d’esprit. Dans sa mouvance gravitent les allergiques à la boîte à rythmes et au home studio toutes tendances confondues. On y retrouve pêle-mêle le funk des Brand New Heavies, Incognito, Diana Brown & Barrie K Sharpe (eux parlent de rare grooves), l’humeur soul de D-Influence et Young Disciples, la house de Perception et du Beaujolais Band, le hip hop de Galliano voire Ouï3 sans oublier les mélanges psyché jazz soul du James Taylor Quartet. Véritable pépinière de talents tels le vibraphoniste Max Beesley (Boogie Back), le guitariste Ronny Jordan, A-Zel (découverte de Roger S), Brian Powell, Dana Bryant ou encore Jhelisa (Dorado Records) voire même MC Solaar qui, fort d’un contrat sur Talkin’ Loud outre-Manche, sera l’un des rares français présent dans les charts locaux. A ces derniers s’ajoutent les Américains US3 dont l’arrivée sur Blue Note soulignera le début de changement d’orientation de cette institution qui nous avait jusque alors habitués à plus de classicisme dans le choix de ses signatures.

J’essaie de contribuer à ce que des musiciens venus d’autres horizons puissent fusionner leur musique avec le jazz dans un but de recherche, déclarait Courtney Pine à peu près à la même époque. Et ils seront nombreux ceux qui, à l’instar de ce tenor sax venu prêter mains forte à Nellee Hooper et Jazzie B à l’occasion de l’enregistrement du second LP de Soul II Soul, feront le pont entre plusieurs mouvance. Depuis Jason Rebello et Max Beesley aux côtés de Mica Paris lors d’une série de concerts au Jazz Café de Londres au flûtiste Phil Bent aux côtés de Will Downing sur une reprise du classique ‘The World Is A Ghetto’, le sax de Brandford Marsalis, pour beaucouop dans le succès rencontré par Shanice Wilson avec ‘I Love Your Smile’. Et Pine d’ajouter : Je pense que ce mélange sera la musique de demain. Il ne croyait d’ailleurs pas si bien dire, voyant plus tard ses propres compositions revues façon drum & bass par Kruder & Dorfmeister. Une mouvance – la jungle – qui devra d’ailleurs une large part de son succès à ces nombreuses influences jazz quand ce ne sont pas des croisements dont on retrouvera trace quelque temps plus tard dans les travaux du Norvégien Nills Petter Molvaer.
Un mot de la scène hip hop encore qui, en dehors de la seule Monie Love, ne se sera guère exportée, sans que l’on ne sache vraiment pourquoi, quand bien même le protectionnisme US y aura probablement été pour quelque chose. La pertinence et le sens tout britannique du décalage, pour autant, ne manquaient pas, à l’instar des travaux des Beatmasters ou encore de ceux, teintés de ska de Double Trouble & The Rebel MC. Ces derniers – les MC’s – trouvant quelque planche de salut néanmoins aux côtés d’un certain nombre de junglists, voire des 2steppers dès l’arrivée des premiers morceaux du genre, dans ce qu’il était convenu d’appeler alors le… speed garage !

Ce tour d’horizon serait incomplet sans quelque allusion à une production nettement plus orientée club ; autrement dit house… Et c’est peu dire que les choses ont ici considérablement évolué. La fin des années 80 consacre le genre bien que venu des Etats-Unis… en Angleterre ! Pas un week-end ou presque sans que l’A&R de tel ou tel label ne soit vu dans un club de Chicago, New York quand ce n’est pas au Zanzibar de Tony Humphries. Les tenors d’alors décrochent quasiment tous la timballe en signant un contrat avec une major. Michael Watford, CeCe Rogers, JoVonn, Ten City, Lil Louis, Mr Fingers (alias Larry Heard), Steve ‘Silk’ Hurley, Louie Vega (avec Mark Anthony), l’Inner City de Kevin Saunderson, Maurice (Joshua), j’en passe et des meilleurs… Tous bénéficiant d’un support médiatique sans aucune mesure avec ce qui se passe aujourd’hui, à l’image de Big Beat, point de passage obligé du vendredi soir sur la très officielle BBC Radio 1 dont le présentateur – Jeff Young – n’a jamais connu son pareil depuis son remplacement par Pete Tong au début des années 90. A l’époque, un jeune DJ alors peu connu monte un label – Republic – sur lequel sortiront les mémorables The Sound Of Deepest New York Garage incluant nombre de productions venues du fameux Movin Records, record store emblématique de Jersey et label de la dénommé Abigail Adams, parmi lesquels quelques-uns des premiers travaux de Blaze dont le fameux ‘Reachin’ de Phase II ou encore Can’t Win For Loosin’. Ces compilations, on les doit au dénommé Dave Lee, plus connu sous le nom de… Joey Negro. Ce dernier explique : Faire un titre disco avec de la technologie actuelle, ce n’est ni plus ni moins que du garage. Ces deux styles sont très proches. Même si la house à ses débuts était très primitive, elle a fini par se sophistiquer. Tout comme le disco. Un état d’esprit que l’on retrouve également chez Danny D (quand bien même on lui doit le fameux ‘Acieeed’ sous le nom de D-Mob) chez Paul ‘Trouble’ Anderson à qui l’on doit le fameux ‘House is where you live and garage is where you park your car…’ ou encore chez les frères Lavinière – Bobby & Steve – parmi les vétérans du genre aujourd’hui sous les couleurs du clan Zoo, auteurs, producteurs de nombre de titres et par ailleurs promoteurs de nombreux événements – sans parler de leur société de management – dont les mémorables soirées Garage City.
Pour autant croire que ce qui se passe/s’est passé à Londres synthétise ce qui se passe dans le reste du Royaume-Uni est tout aussi faux sous nos lattitudes comme aux Etats-Unis. Le regretté James Hamilton qui passe pour être l’un des chroniqueurs les plus prolifiques que la presse anglaise ait jamais connus expliquait la situation sous cette forme à l’époque : Il y a une nette différence d’acceptation de la musique suivant que l’on habite au Sud ou au Nord de Londres et il en va de même de l’ensemble du pays dont on retrouve la cause principale en termes de revenus. On aura ainsi tendance à écouter une production plus léchée sur des tempos plus lents à Londres et dans le Sud où réside une population au pouvoir d’achat certain. Tandis que cette dernière est plus dépuillée et sur des rythmes plus rapides dans le Nord. Ce fameux Nord de l’Angleterre – et plus particulièrement Manchester avec sa mecque du clubbing d’alors (l’Hacienda), le Summer Of Love des New Order, Stone Roses et autres Joy Division dont on parlera plus en détail la semaine prochaine. Mais aussi l’acid house dont l’un des titrees les plus emblématiques est l’œuvre de Gerald Simpson mieux connu sous le nom de A Guy Called Gerald…
Speak soon. MFSB
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