
On a beau dire, et quelles que soient les périodes, rien ne saurait remplacer le bon sens. Et ce bon sens, on en retrouve le plus clair du temps les origines dans les campagnes d’où provient la majorité de ces dictons adoptés dans nos langages respectifs. Sans doute parce qu’il n’y a finalement rien de plus révélateur que la nature pour évaluer ces deux notions essentielles que sont le sens de l’observation et la faculté de synthèse, indispensables à l’adaptation la plus harmonieuse dans un environnement donné...
Tout se paie un jour où l’autre, dit-on encore. C’est dire si, en ces périodes des plus troubles que nous vivons, en quête de repères et de quelque stabilité dans un monde chaque jour un peu plus interactif, chacun de nos actes peut avoir des conséquences capitales quant à quoi notre demain sera fait. Continuer de croire, ainsi que tout a été fait pour que nous nous en soyons persuadés depuis des années, qu’il n’est rien que nous puissions faire pour influer le cours des choses et par là même celui de nos existences, n’aboutit ni plus ni moins qu’à l’abandon de nos rêves et aspiration en même temps qu’à la négation de soi.
Il suffit parfois de bien peu de choses pour qu’une journée soit meilleure. Un regard échangé, un sourire… une poignée de mains avec un(e) inconnue quand tout tendrait à nous l’interdire, et l’on se sent tout ragaillardi en son fort intérieur, comme si l’on avait triomphé du réputé intangible et, en même temps, remporté une victoire intérieure sur ses propres inhibitions. Comme si nous avions ainsi participé à rendre les choses possibles… Aide toi et le ciel t’aidera, entend-on encore. Et le fait est ! N’est-ce pas de la rencontre des esprits qu’ont pris corps les aventures les plus incroyables ? L’Histoire en est jalonnée depuis la plus haute antiquité, depuis la fameuse Guerre du feu jusqu’au premier pas de l’homme sur la lune, en passant par la construction des Pyramides, la découverte du Nouveau Monde, la Révolution Française ou encore l’invention de l’électricité. Autant de faits ô combien révélateurs du fantastique potentiel de l’intelligence humaine face à ce qui, pour beaucoup alors, était du domaine de l’impossible.
Il serait, pour ce qui nous concerne, probablement plus facile d’opter, comme tant d’autres, pour une attitude consensuelle en suivant le sens du vent, plutôt que d’exprimer des idées s’inscrivant bien souvent à contre courant. Nous nous éviterions ainsi un certain nombre d’inimitiés, serions susceptible d’attirer l’attention d’annonceurs conséquents en ratissant plus large et nous poserions sans doute moins de questions quant au financement de notre fonctionnement que nous assurons sur nos propres deniers depuis le premier jour. ‘Sauf que’, et il est de taille, nous mettrions ainsi au placard nos propres convictions – ce qu’on appelle dans le jargon journalistique notre droit de conscience – et ce que nous considérons comme notre droit, voire notre devoir, de critique face à un système actuel que nous estimons en pleine déliquescence.
Oui, le fonctionnement de cet environnement qui est le nôtre aujourd’hui ne nous convient pas dans ses grandes lignes en ce qu’il a largement contribué à effacer les repères constitutifs d’une échelle de valeurs apte à favoriser le choix dans la diversité. Et c’est pourquoi nous déployons toute notre énergie dans le soutien d’artistes, d’œuvres, d’initiatives et d’idées aptes à vous assurer de l’existence d’une alternative de qualité autre que ce qui est aujourd’hui soutenu à grande échelle. C’est ce quoi en nous croyons et c’est tout le sens de notre action, dut-elle être perçue comme un combat…
Vous vous retrouvez quelque part dans ces propos ? Rejoignez-nous : l’union – c’est un autre dicton – fait la force… MFSB