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Sunday 07th of September 2008 11:09:11 PM |
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IDM News: SPECIAL DANCE MUSIC : ENGLAND 4 EVER Pt.4
Posted on Wednesday, November 02 @ 12:11:03 CET by mfsb |
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Quatrième et ultime volet de notre dossier consacré à la genèse et l’évolution de la dance music vues du côté d’un pays – le Royaume Uni – dont elle a fini par intégrer la culture au point qu’elle y est devenue un art de vivre, même si parfois discutable. Si la contribution des Yobebes (Young Black British) est des plus conséquente (voir la troisième partie de ce sujet), ceux que l’on pourrait appeler les Yowhibes (Young White British) sont loin d’être restés inactifs. Et si quelques-uns d’entre eux n’hésiteront pas à revendiquer quelque influence noire comme Stock, Aitken & Waterman, Joey Negro Human League ou encore Boy George, ils sont nombreux ceux qui, se réclamant du rock ou de l’électro kraut façon Kraftwerk, intègreront ces sonorités à une production qui se déversera tant dans les raves que dans les clubs, incarnant bien souvent la révolte de populations vivant dans des bassins aux industries vieillisantes laissées pour compte et préfigurant les questions existencielles récurantes de générations successives en proie au doute dont on retrouve la trace dans l’explosion récente des courants électro clash et minimal house...

1979, année charnière s’il en est, qui voit simultanément l’implosion du disco aux Etats-Unis, tandis que la jeunesse anglaise lance un véritable pied de nez à l’Establishment en lorgnant vers la punk attitude, avec un humour et un sens de l’autodérision comme l’on en connaît seuls de ce côté de la Manche. Alors que la France, secouée par les deux premiers (grands) chocs pétroliers de son histoire, noie ses maux de tête dans une politique d’assistanat à l’époque giscardienne, l’Angleterre qui ne s’est jamais vraiment remise d’un après guerre qui a vu les tickets de rationnement en vigueur jusque en 1955 manifeste son besoin de se débarrasser de quelques valises devenues par trop encombrantes au fil des ans en clamant les vertus du Do It Yourself… Et si le rock lui-même est un temps débordé par les assauts guitaristiques et excentricités vestimentaires des Sex Pistols, la révolte n’épargne aucun courant. C’est ainsi que l’on verra le funk revisité à l’occasion – et de quelle manière – par nombre d’acteurs – et pas des moindres non plus ! – venus d’autres horizons, à l’image des Clash, de Malcolm McLaren, voire même de David Bowie à l’issue de sa rencontre avec Chic ou encore de Queen sur le fameux ‘Another One Bites The Dust’… Fragrances que l’on retrouve à des degrés divers dans le répertoire de Robert Palmer avec l’épisode Power Station, des Talking Heads, de Duran Duran à qui est confié le thème générique de l’une des nombreuses aventures de 007. Sans parler des Paul Young, Murray Head, Roxy Music (à l’occasion), Hall & Oates avec le mémorable ‘I Can’t Go For That’, Wham et, plus tard, George Michael, de Human League (qui trouve la consécration définitive avec l’enregistrement de l’album produit par Jam & Lewis), de Simply Red qui fait ses grands débuts avec la reprise du fameux ‘Money’s Too Tight To Mention’ des Valentine Brothers, ou encore des Gallois Scritti Politi. Tous s’inscrivant plus ou moins dans ce que l’on appelle la blue eyed soul…
Londres en arrive à perdre le quasi monopole qu’il avait en matière de production comme de création, tant sa situation reflète de moins en moins ce qui se passe dans d’autres régions/villes du Royaume-Uni. On pense ainsi à Bristol avec sa forte communauté jamaïcaine d’où sortiront Massive Attack (invité par les Autorités à réduire son nom au seul Massive pendant la première Guerre du Golfe) mais aussi Smith & Mighty, sans oublier nombre d’activistes tels Roni Size et DJ Krust qui porteront haut et fort la bannière du mouvement jungle/drum & bass. A Liverpool avec The Farm, Sheffield avec Altern8 et - bien sûr - Manchester bien décidé à incarner la parole d’un Nord deshérité face à un Sud opulent, nous rappelant ainsi une nouvelle fois combien le Mezzogiorno est loin d’être un phénomène réduit à la seule Italie !

Manchester ou encore Madchester, comme l’appelleront certains. Ville de toutes les modes qui voit ses eighties traversés d’humour-humeurs… noirs surfond de joies divisés et mornes solitudes (Joy Division, The Fall, The Smiths). C’est pourtant dans cette même cité ouvrière du Nord de l’Angleterre que New Order verra le jour, en réponse au son synthétique allemand de Kraftwerk, Supermax et DAF. La scène dance locale n’en est qu’au stade de l’embryon, ce qui n’empêche pas N.O. de faire une première incursion fracassante dans la Big Apple, vêtu de ses célèbres bermudas ! Humour noir encore ou début des black feelings ? ‘Blue Monday’, sacré à l’époque Single Of The Year par l’hebdo rock, NME, marquera la décennie de son empreinte, en même temps que le début de l’ère synthétique qui influence la new wave tout en dévalisant le disco. Suivront ainsi Yazoo, Depeche mode puis Dead Or Alive (également produit par Stock, Aitken & Waterman) ainsi que Frankie Goes To Hollywood produit par le fantasque Trevor Horn.
Nous sommes dans la seconde moitié des années 80 et la fronde se dessine un peu partout dans les pays du G7 alors en proie aux restructurations en tous ordre qui frappent de plein fouet nombre d’industries vieillissantes et leurs bassins d’acceuil au nombre desquels le Michigan et l’Illinois aux Etats-Unis, la Ruhr en Allemagne, le Brabant en Belgique sans oublier les Midlands outre-Manche. On parle ici d’acid house, là de new beat, voire encore d’A.B. outre-Quiévrain ; courants qui sont tous construits sur des lignes harmoniques distordues à l’éxtrême. Au fameux ‘Acid Trax’ de DJ Pierre, le Mancunien A Guy Called Gerald donne la réplique avec le non moins emblématique ‘Voodoo Ray’ qu’il conçoit dans une chambre minuscule. Il sera suivi par toute une scène hystérico-créative à l’instar d’Annette et T Coy, parmi les toutes premières signatures du label Deconstruction. Toujours en suivant de près ce qui se passe à Detroit et Chicago et face au séminal ‘Good Life’ d’Inner City, premier morceau officiellement dit techno en dépit des influences new yorkaises manifestes de son créateur (Kevin ‘Master Reese’ Saunderson), l’Angleterre nous gratifie de l’explosif ‘Pump Up The Volume’ de M/A/R/R/S/ auquel succède bientôt le non moins emblématique ‘Pacific’ de 808 State, lui aussi, écrit par un certain Gerald… Simpson de son nom !!!
 New York a eu son (Paradise) Garage ; Paris son Palace… Il ne serait pas dit que Manchester resterait les bras ballants… Ainsi, le label Factory, défunt de longue date, devait-il donner naissance à l’Hacienda, temple européen du nightclubbing qui allait susciter nombre de vocations par la suite au Royaume-Uni et antre dans laquelle se succèderont tous les groupes dits pop wave à leurs débuts. L’endroit deviendra l’autel de la house par excellence et par religion avec le passage de DJ’s qui font aujourd’hui partie de l’histoire avec un ‘H’ majuscule au nombre desquels Mike Pickering, Graeme Park, Allistair Whitehead ou encore Dave Haslam.
L’ecstasy et son fameux Dr Smiley et le baggy style investissent la ville devenue Madchester pour toute une génération d’artistes qui se laissent copieusement influencer par la dance music, des Stones Roses aux Charlatans en passant par les Happy Mondays. L’esprit rave n’y aura d’égal nulle part ailleurs. Il faut dire qu’à Manchester, on peut être pauvre et sous l’empire de l’émotion, mais on y est hooligan avant tout !
Le message que Gary Clail véhicule dans ‘Who Pays The Piper ?’ a beau mettre en avant les méfaits de l’XTC à long terme s’ajoutant à une violente campagne déclenchée par les autorités, laquelle aboutira à la sensure pure et simple de tous les morceaux y faisant référence sur les ondes. Rien n’y fait… Toujours plus haut, mais plus dure sera la chute.
Manchester s’apaise ; le garage y devient roi et l’Hacienda peut rouvrir après nombre de remises en cause. Factory en revanche cesse ses activités et Rough Trade, sans les Smiths, dépose le bilan. Mais la vie continue ici bas. Fresh, une soirée gay, fait alors un carton, fait quelque peu surprenant dans cet environnement hooliganesque et Bizarre Inc déchaîne les passions dans un disco revival dont il se fait l’emblême, répondant ainsi à l’époque au mémorable ‘La Da Dee (She’s Homeless)’ qu’enregistre une employée de la Maison Blanche (Crystal Waters) avec les Basement Boys. Dave Haslam pour sa part monte son label (First Love) sur lequel il signe Hypnotone et écrit dans The Face, tandis que Mike Pickering monte son propre groupe, M People. A Guy Called Gerald, en plein différend avec 808 State quant à la paternité du fameux ‘Pacific’ qu’il se verra attribuée par la suite, quitte Manchester pour Londres avant de se faire une nouvelle réputation dans la scène drum & bass et monter (lui aussi) son propre label (Juice Box). New Order, en order dispersé après la fermeture de Factory produit quelques disques anecdotiques comme Electronic ou encore The Other Two, mais reste surtout à veiller au grain à l’Hacienda jusqu’à sa fermeture définitive.
Citons encore Laurent Garnier qui ne serait peut-être pas ce qu’il est devenu depuis sans un passage obligé par cette même ville. Il y signera d’ailleurs, au début des années 90, son tout premier single avec le soutien d’Eastern Bloc, record shop parmi les record shops locaux et anglais d’alors. Et si la sauce est un rien retombée avec la fermeture de l’Hacienda, elle a depuis retrouvé quelques couleurs sous l’influence notoire de Rae & Christian et leur label, Grand Central dont les sociétaires ont largement tiré leur renommée en donnant de nouvelles déclinaisons au… groove, dans ce mouvement de boucles incessantes venu inciter l’écriture de ce zoom dédié à la production anglaise. MFSB
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