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Monday 08th of September 2008 04:56:40 PM |
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Interviews: JE ME SOUVIENS : DAVID COLE (1963-1995)
Posted on Friday, February 03 @ 13:54:37 CET by mfsb |
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Au moment de rencontrer C&C Music Factory au siège de Sony Music peu avant l’été 94, et bien que David Cole fut absent, j’étais loin de me douter qu’il ne me serait jamais donné l’occasion de croiser son chemin un jour ou l’autre. Le Créateur avait manifestement d’autres projets pour lui, le rappelant à lui six quelque sept mois plus tard…
Comme beaucoup à l’époque au sein de la communauté dance, j’imagine que l’annonce de sa disparition m’a laissé dans un état de choc indéniable, si ce n’est horrifié. Je me souviens précisément des circonstances dans lesquelles cette nouvelle m’est parvenue. J’étais de retour du MIDEM, quelque part entre la Côte d’Azur et Paris, un certain 28 janvier 1995. Les choses, pour sûr, ne seraient jamais plus les mêmes avec le départ soudain de cet homme qui, avec Robert Clivilles, a laissé une empreinte indélébile dans nombre d’aspects de la production musicale. Que ce soit sous les couleurs de C&C Music Factory ou pour le compte d’autres artistes en tant que producteurs ou remixers, tels Natalie Cole, Aretha Franklin, Martha Wash, Whitney Houston et Mariah Carey.
Si quelqu’un s’est jamais placé à l’épicentre de la dance music, ce sont sans aucun doute Cole & Clivilles. Ces deux jeunes hommes n’ont pas seulement poussé plus loin cette tradition typiquement américaine ayant vu la constitution d’équipes de production ayant vu le jour à l’époque du disco, à l’image, entre autres, de Nile Rodgers & Bernard Edwards, Mauro Malavasi and Jacques Fred Petrus, Willie Lester & Rodney Brown ou Jam & Lewis. Ils sont sans le moindre doute devenus l’incarnation même de la dance music, en distillant les
nombreuses facettes, du hip hop aux vibrations latines, en passant par le R&B, la house, voire même le rock. Au contraire de nombre de ses contemporains, sans parler d’une majorité grandissante de ceux qui lui ont emboîté le pas, le duo a eu clairement à l’esprit les changements incessants de visages de la dance music. Une réalité qui est pour beaucoup dans la diversité de ses travaux, d’un projet à l’autre, empruntant là un chemin ouvert vingt ans plus tôt par le regretté Larry Levan. Cela nous ramenant au souvenir de la première rencontre entre les deux hommes. Cela s’est passé à Better Days, m’expliqua Robert. L’un de ces endroits qui font partie de la genèse de la dance music, dans lequel ils se sont vus présenter l’un à l’autre au début des 80’s, en exécutant des overdubs dans les mixes de Bruce Forest. Pour moi, cela reste la période de référence pour ce qui concerne la musique des clubs new yorkaise. Quant à ce qui se passe aujourd’hui, c’est le calme plat. Il nous faudrait des patrons de clubs pour qui la culture musicale a un sens à l’inverse de tous ces gens qui se figurent qu’il suffit de réunir des top models et des ados autour de DJ’s qui jouent des dubs toute la nuit ! On a fini par tuer la variété qui était le fondement même du clubbing à l’époque de Larry Levan. C’est comme si tout le monde avait oublié ce qu’un DJ est supposé être. Un DJ pour moi, c’est une sorte de professeur, pas ce genre de prima donna qui ne jouera pas tel ou tel disque sous prétexte qu’il a été fait par quelqu’un qu’il n’aime pas… Et je ne parle même pas de musique. Il est clair pour moi qu’on n’a jamais fait mieux que pendant les 70’s !
Cela étant, il allait falloir attendre encore quelque temps avant de voir les deux hommes donner officiellement corps à leur association. Je faisais de nombreuses sessions, tout comme David qui travaillait avec Shep Pettibone et Arthur Baker et, bien que nous nous soyons vraiment impliqués dans ce que nous faisions, nous n’avons finalement jamais vu nos noms figurer dans les crédits lorsque les disques sortaient. Nous avons fini par nous dire que nous pourrions en faire autant, en matière de remixes, mais sûrement plus facilement à deux que chacun de notre côté et c’est comme cela que nous nous sommes associés.
Quant à la suite, elle s’inscrit telle l’une des plus glorieuses pages de l’histoire de la dance music. Depuis leurs premiers travaux sur leur propre label (Vendetta) à l’instar de 2 Puerto Ricans, A Blackman & A Dominican jusqu’au fameux ‘Pink Cadillac’ de Natalie Cole en passant par l’album Emotions de Mariah Carey qu’ils co-produisent, sans parler de l’inoubliable trio multi-racial Seduction, de Trilogy, groupe d’influence R&B/rap originaire du Bronx et, bien entendu, de l’aventure C&C Music Factory, pour n’en citer que quelques-uns.
David Cole aurait 43 ans aujourd’hui. Il continue de nous manquer terriblement. MFSB
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