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05-29-2008,  3:19 pm
MFSB: Hey folks, back on the blocks after a hard disk failure. Updates awaited soon. Thank you for your understanding
05-16-2008,  5:20 pm
MFSB: Yaow boyz. (n' gyrlz). Wishin' U're all doin' good. Soon to follow, our Single & Vintage Of The Week + the headlines & some extra reviews. Peace y'all
05-02-2008,  10:46 pm
mfsb: Hey peeps... Tons of work on the new interface... Back w. some updates in the comin' hours... Peace y'all!
04-29-2008,  6:43 pm
mfsb: Hey folks... Wishin' you all a nice WE. As for what concerns us here on IDMW, a bit of work in the heart of XHTML & CSS matrix with the ongoing development of our new interface. Peace y'all
04-18-2008,  6:55 pm
mfsb: Nu muzak to hit yer screens today from both our Single & Vintage of the Week to the latest installment of our TraxsourceINDAMIX column. Peace y'all...
04-16-2008,  9:38 am
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mfsb: Extra reviews for you groove chasers with the Part 1 of the SpiritofHouse.12'' Miami Special...
04-06-2008,  7:44 pm
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Home > News Monday 08th of September 2008 12:11:13 AM


IDM News: ELECTRONIQUE : IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION Pt.3
Posted on Wednesday, February 08 @ 00:44:22 CET by mfsb

IDM News
Troisième et ultime volet de notre réflexion sur la scène dite électronique et son acceptation en France…
 
“IN THE BEGINNING…“ (inspiré de Marshall Jefferson presents The Truth)
 
Vous étes (là aussi) supposé deviner la suite. Une suite qui, sans nous faire revenir sur ce fameux club — le Paradise Garage — nous conduit à cette période charnière qu’à été le disco. Le disco, avec ses premiers DJ’s de renom, ses premiers maxis 45 tours, ses premières platines à entraînement direct, ses premiers remixes, ses premières rythmiques 4X4 ! Prémisses de ces musiques électroniques telles que nous les connaissons aujourd’hui…
 
On le voit — et quoi qu’en diront certains, dans leur volonté d’attribuer la paternité des musiques électroniques aux Blancs — la période disco est quintessencielle dans l’évolution de la musique contemporaine de ces trente dernières années. Pas seulement en termes de conception, mais aussi en ce qu’elle mettra progressivement en valeur de nouveaux acteurs dans le circuit. À l’instar des DJ’s qui se lancent peu à peu dans la post-production, des producteurs eux-mêmes qui prennent une place prépondérante, à l’image des Nile Rodgers & Bernard Edwards, Quincy Jones, Narada Michael Walden et autres Eumir Deodato. Mais aussi de labels indépendants qui tiennent la dragée haute aux majors alors en cours de constitution, sans parler de toutes ces activités dérivées comme les services de promo-clubs, etc. C’est aussi le disco et l’extravagance tant de ses budgets que de ses acteurs qui conduit au géant autodafé que l’on sait voyant des monceaux de disques incendiés dans un stade de Chicago, peu après la naissance du mouvement punk. L’industrie du disque coupe le robinet devant des productions sans cesse plus onéreuses et goûte aux joies (et aux premières économies) des premières productions home studio dont le coût est jusque parfois 650% moins élevé. C’est alors que le hip hop débarque avec, dans son sillage, le breakdance et l’électro smurf, tandis que les premiers essais house et techno se profilent à l’horizon, venus de Chicago et Detroit. Las, le hip hop et ses lyrics au contenu plus identitaire finissent par prendre le pas, sous l’impulsion notoire de Sylvia Robinson (à la tête de Sugarhill Records), mais plus encore de Russell Simmons, le patron/fondateur de Def Jam, pour donner naissance à une industrie à part entière, avec ses entrées dans les univers du basket, du cinéma et du streetware. Ce à quoi n’auront jamais vraiment droit ses branches cousines, mise à part une éphémère envolée (de 1989 à 93) avec le soutien des majors.
Les raisons de cette stagnation relative ne manquent pas. Bricolage de fortune de la part de certains labels dont les patrons se conduisent comme de véritables bandits, dispersion d’une scène éclatée entre New York, Chicago et Detroit, voire Miami et manque crucial de distribution d’un état à l’autre, conduisant à la constitution de scènes locales ghettoïsées, quand leurs principaux acteurs viennent chercher un début de consécration sur les labels anglais qui leur offrent bien souvent des nèfles en retour. Plus tard, ce seront des manques évidents de budgets et, par conséquent, une absence quasi obligée de développement d’artistes et donc un manque crucial d’exposition, dans un territoire US vingt fois grand comme la France ! Certains, et pas des moindres, s’y essaieront, sans succès, à l’image des Masters At Work avec le concept Nuyorican Soul et ses nombreuses individualités aux demandes de cachets trop élevés pour tous figurer sur un seul et même line up ! D’autres connaîtront des fortunes diverses, avant de se voir contraints d’offrir leurs concours à des DJ’s entre temps devenus tout puissants…
 
“LAST NIGHT, A DJ FUCKED MY LIFE“ (inspiré d’Indeep)
 
L’arrivée des DJ’s, il y a près de trente ans, en tant que maîtres de cérémonie, n’aura pas été que bénéfique pour tout le monde. À commencer par les musiciens, éjectés des dancings par la force des choses (même s’ils y reviennent depuis quelque temps). Mais aussi du fait de leur prolifération au fil des ans, sans qu’elle ait pour autant — outre de rares exceptions — contribué à un nivellement par le haut…
 
Argent facile, voyages vers des destinations de rêve (pour les plus réputés), séjours dans des hôtels luxueux, comités d’accueil en conséquence… De quoi susciter bien des vocations aux quatre coins du globe. Mais attention, l’impression de facilité invariablement laissée par les grands (talents) de ce monde n’en est pas moins la résultante de milliers d’heures de travail. C’est dire l’océan qui sépare un Kerri Chandler, un Ron Trent ou un ‘Little’ Louie Vega de la foule d’imitateurs déclarés qui se bousculent au portillon du bar du coin ! Bien des appelés et au final peu d’élus, si ce n’est qu’entre temps les derniers se sont offerts à des tarifs tels qu’ils en ont littéralement cassé le marché. Il n’est ainsi pas rare de voir un DJ/un selector, quand ce n’est pas un simple pousse-disques qui, pour avoir acheté deux platines entre temps, se croit entré dans la profession, se produire pour une soixantaine d’Euros quand les plus grands ramassent parfois jusque cinquante, voire cent fois la mise dans le même temps… Las, le rendu est loin d’être le même (il est déjà d’ailleurs sensiblement différent à moindres frais), mais c’est aussi ce qui, sans doute, explique pourquoi, malgré toutes ces années, le statut du DJ reste aussi flou en France, en dépit de nombre de tentatives visant à le définir.
Encore faut-il préciser que cette situation arrange finalement bien du monde. Depuis celui qui, en l’absence de cadre juridique bien défini, propose librement ses tarifs, à nombre de ceux qui l’emploient et qui, pour cette même raison, sont loin de se sentir tous obligés de le déclarer. Un procédé qui, s’il arrange bien du monde à court terme, n’en reste pas moins excessivement préjudiciable en ce qu’il ne permet pas vraiment de dégager une échelle de valeurs réelles, hormis la négociation de gré à gré et laisse souvent la porte ouverte à du véritable n’importe quoi…
De fait, le DJ en tant que tel a, le plus clair du temps, plus souvent été considéré comme un marginal que comme un professionnel, au même titre qu’un barman, voire même un portier dans le monde de la nuit et, par extension dans le monde du travail. Ce qui fragilise d’autant plus sa situation, le rendant à l’occasion sujet à des pressions venues de toutes parts. De la part de certains tenanciers d’établissement qui, à l’occasion, les prennent pour des juke-boxes, mais aussi du public. Dès lors, et pour justifier leurs places devenues si précaires en même temps que leurs subsides, certains parmi les plus vulnérables, n’hésitent pas à se prêter au jeu, en flattant les attentes des uns ou des autres, quitte à se dévaluer eux et leur supposé art au passage…
Mais il y a aussi ces promoteurs qui, habitués qu’ils sont de programmer des plateaux riches en effectifs, en oublient que les DJ’s dignes de ce nom conçoivent leurs sets à la manière d’histoires et qu’il leur faut bien souvent plus que ce qui leur est accordé (en moyenne deux heures) pour aller jusqu’à leurs termes. Total, le second se sent d’entrée obligé de reprendre là où en est resté son prédécesseur, et ainsi de suite dans ce qui ressemble plus à une bataille forcée de beats allant crescendo qu’un panel d’humeurs diversifiées avec ses indispensables variations de rythmes et d’atmosphères. Le tout ayant pour conséquence de dresser bien souvent les uns contre les autres dans la course à la notoriété et donc à la survie… Quant au rLarry Levanésultat final — les soirées elles-mêmes — elles finissent par tendre à une linéarité par définition peu propice au rapprochement du public, outre les inconditionnels du genre qui s’en dégagent inévitablement ; tout cela conduisant à une hyper spécificité dont on commence à mesurer les limites depuis peu, ici ou là.
Nous sommes ainsi bien loin des débuts du deejaying, restés dans les mémoires, pour avoir su réunir des publics composites par-delà les différences de tout un chacun ; ce qui devait présider à la fondation de ces clubs au sens premier et mythique du terme. Car, on ne l’oubliera jamais assez, ce n’est pas tant la technique comme le foisonnement des individualités qui compte dans l’édification d’un lieu, mais avant tout l’émotion perceptible qui s’en dégage…
 
“IT’S JUST ME, MYSELF AND I“ (De La Soul)
 
Cachets parfois astronomiques, traitement de stars, vie facile. Certains DJ’s ont ainsi vu leur niveau de vie atteindre des sommets, à l’image — toutes proportions gardées — de celui des stars du ballon rond. Tant mieux pour eux, même si bien loin d’être toujours justifié au demeurant…
 
Dans ce milieu majoritairement sans foi ni règle, la loi du marché bat son plein, voyant des différences de traitement allant jusqu’à 10 000 % d’un individu à l’autre… C’est dire si ceux qui sont en haut de la pyramide tiennent à leur statut et qu’ils auraient tort de ne pas en profiter, dès lors qu’ils ont tout fait pour cela et qu’il existe des commanditaires pour s’acquitter de ce qu’ils leur demandent. Pour autant, rien ne garantit la réussite de leur entreprise ; que ce soit en termes d’affluence, comme de leurs prestations mêmes. De fait, certains DJ’s n’hésitent pas à prendre le melon comme l’on dit et en demander toujours plus, faisant à l’occasion montre de caprices dignes d’une diva quand ils ne rompent pas unilatéralement leur engagement au dernier moment. Il faut dire que tant de sollicitude a de quoi finir par déboussoler à la longue. Reste à savoir si cette inflation est pleinement justifiée. Pas si sûr au regard de ce que ces mêmes stars prennent dans leurs pays d’origine. À croire qu’elles ont vu en l’Europe notamment une boîte de Pandore qu’il suffit d’ouvrir à son gré pour s’assurer des fins de mois plus que substantielles…
Il n’est ainsi pas rare de voir tel ou tel inclure en sus de son cachet, qui un billet pour sa petite amie (en business) qui, une chambre dans tel hôtel (forcément plus luxueux) plutôt qu’un autre, qui, une limousine pour venir l’accueillir à sa descente d’avion, j’en passe et des meilleures, alors qu’ils jouent parfois pour une poignée de cacahuètes dans leurs pays d’origine. Dont acte…
Pour autant, ce n’est pas tant l’investissement requis qui importe, mais bien plus le rapport qualité/prix avec, au final, ce que le public en aura ressenti et, en ligne de mire, sa fidélisation dans le cadre d’événements à venir. Cela, quelles que soient l’identité (et donc le prix) de ceux qui composent le plateau, même si (et c’est une évidence) la cote du DJ, mais aussi le volume de marketing consacré à ses activités, sont pour beaucoup (trop) dans ce qui amène à les choisir plutôt que d’autres.
On ne juge plus uniquement un DJ aux seules qualité de ses mixes ou pertinence de ses sélections ; on en jauge la cote à la qualité mais aussi et surtout au volume de l’exposition médiatique dont il jouit dans son pays d’origine, mais plus encore dans les places réputées fortes (New York, Londres, Tokyo, etc) et à plus forte raison, à l’échelle du globe. Ce dernier, pour constituer puis étoffer son statut, n’a d’autre choix que celui de diversifier ses activités, en signant à l’occasion des papiers dans la presse spécialisée pour certains, en ayant son radio show pour d’autres, en se lançant dans le remix quand ce n’est pas la production, voire en montant son propre label. Tout cela n’ayant, faut-il le préciser, pas non plus contribué à un écrêtement réellement tangible du niveau par le haut, hormis de rares exceptions, tant il est vrai qu’un bon DJ ne fait pas nécessairement un bon producteur et réciproquement d’ailleurs…
À cela, au moins une bonne raison, explique François K. Le nécessaire savoir-faire en matière de conception même de musique, qu’il faut avoir accumulé avant de prétendre pouvoir sortir une production digne de ce nom. C’est la toute l’ambivalence du recours à la technologie qui, s’il a déclenché un formidable processus de démocratisation dans le façonnage de la musique, a en même temps amené un grand nombre d’intervenants à prendre le train en marche sans la moindre connaissance de cette activité qui n’a que très peu à voir avec le deejaying… C’est ainsi que certains ont eu l’art de s’entourer, à l’instar de ‘Little’ Louie Vega avec la réussite que l’on sait, ou encore de Jazzanova ainsi que le groupe n’hésite pas à s’en expliquer, décrivant sa méthode de travail par étages superposés avec des spécialistes à chaque stade !
À l’inverse, un bon producteur ne fait pas nécessairement un bon DJ, même si beaucoup voudraient à nous persuader du contraire. Notons à ce sujet la rare honnêteté de Kevin Hedge (Blaze) qui, s’il est le producteur que l’on sait, n’a pas hésité à avouer à plusieurs reprises ses limites quand il en vient à se produire derrière les platines…
 
“FUCK ME, I’M A DJ !“

Le filon peut s’avérer des plus juteux et, comme à chaque fois en pareille circonstance, il a attiré son lot d’opportunistes qui, sous prétexte qu’ils faisaient qui le juke box de luxe dans le dernier hôtel à la mode, qui l’ultime chronique littéraire sur une chaîne cablée pour bobos en mal de sensations, qui la présentation de la dernière ligne de lingerie dans les magazines de mode, en sont allés de leurs tributs compilatoires avec sets en conséquence dans tel ou tel endroit. Une grande valse du n’importe la wak tous azimuts, orchestrée avec le soutien de labels ne reculant devant rien et la complicité de chroniqueurs par trop souvent bienveillants… 

lLagaf'Reprises, remixes de tubes recyclés au gré des générations, rééditions de vieux rossignols de la jeunesse de tel ou tel dont on se fout au demeurant comme de sa première chemise, bandes sons des jeux érotiques de ce qui aurait pu fort bien être la main de ma sœur… On aura eu droit à tout ou presque, sans avoir la moindre peur du ridicule. Certains d’entre vous penseront que c’est là peut-être apporter un peu trop d’importance à ce qui ne le mérite en rien, mais allons donc ; de vous à moi… Que ne sont ces expériences futiles, si ce n’est le moyen pour les uns et les autres d’essayer d’en ramasser un peu plus, tout en nous prenant pour des cons au passage ?  Pourrait-on un jour concevoir le fait de voir DJ Heather flanquée d’un ensemble culotte sous-tif échancré et bas noir pour amener le pèlerin à mettre la main sur sa dernière compilation qui, pour le compte aurait des chances d’être un CD-mix de première qualité ? ? ? Un José Padilla se pavaner à l’affiche de la dernière compilation de chez Ducasse pour bastonner ensuite de la house à trois balles dans les clubs ? ? ? Foutaise, et c’est aussi grâce à de tels faits d’armes que l’opinion du grand public à l’égard des DJ’s est ce qu’elle est… Que celui-ci ne sait plus à quel saint se vouer pour séparer le bon grain de l’ivraie au moment d’aller chercher un Cédé… Que le disque lui-même, laissé aux bons soins de n’importe qui pourvu qu’il soit people, a finalement perdu tant de sa valeur pour être aujourd’hui mp3isé comme il l’est ! Comme s’il s’était toujours trouvé en France des esprits suffisamment malins (fut-ce de manière inconsciente) pour jeter le ridicule sur un courant. Depuis les pastiches discoïdes de Sim et Patrick Topaloff, jusqu’aux derniers ersatz de musiques d’ascenseurs vendus sous la fausse appellation lounge, en passant par la bêtise dégoulinante d’un Lagaf’ accoudé à son lavabo à l’époque ; on en passe et (cette fois) des plus mauvais encore. Et l’histoire de se répéter inexorablement au fil des décennies, sans que personne ne daigne se hasarder à dire tout haut — des fois que l’on froisse quelque susceptibilité ou que l’on risque de se voir retiré quelque budget — ce que beaucoup en définitive pensent tout bas
 
“ABYSS“
 
Le passage à l’an 2004 venait à peine de se produire que resurgissaient les interrogations mises entre parenthèses le temps de la Trêve des Confiseurs, quant à l’avenir du disque (si tant est qu’il en ait encore un). On n’échappe pas à son destin…
 
La cigale ayant chanté tout l’été se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue. Et celle-ci est, croyez-le, autrement plus cinglante, ainsi que nous y reviendrons plus tard, par rapport à celle qui a suivi l’introduction du format CD ! Oui, l’industrie française du disque enregistrait une sérieuse gueule de bois bien avant les réveillons 2004, avec la publication de résultats d’exploitation qui laissaient apparaître une baisse de 13,5% de leurs chiffres d’affaires, mais c’était déjà prévisible au 1° janvier de la même année, n’ayant du l’excédent de leur exercice précédent qu’à quelques coups d’éclats réalisés autour d’une scène française en plein boom. Las, la poursuite de la conquête engagée n’aura pas suffi à enrayer les méfaits de la situation conjoncturelle et encore moins à masquer les conséquences de dysfonctionnements structurels ne datant pas d’hier. À cela, bien des raisons… À commencer par le refuge dans d’énièmes rééditions sous formats mis à jour de formules éculées au fil du temps. Un déficit chronique de développement d’artistes, indispensable à la survie de toute entreprise au fait des lois les plus élémentaires de l’économie. Une politique tarifaire exagérée au regard des attentes d’un marché sous le joug de sollicitations dont le volume est allé croissant depuis ces dix dernières années. Une méconnaissance manifeste de la discipline, toutes tendances confondues, dont elles sont chargées d’écouler les émanations, envahies qu’elles sont de cadres bien plus au fait des techniques de marketing que de la bio des artistes dont ils ont la responsabilité et, par voie de conséquence, du comportement de leurs publics respectifs. Une fâcheuse tendance constatée depuis quelque temps déjà à se débarrasser d’éléments emblématiques au profit de personnel interchangeable, pour mieux le contrôler et (aussi) réduire les coûts de fonctionnement… Sans parler de l’introduction de ces nouvelles technologies qui, à partir de simples fichiers informatiques compressés, permet à un public nombreux de disposer d’enregistrements gratuits sans plus avoir à investir dans leurs supports ! L’heure tant attendue de la (re)mise en marche n’a déjà que trop sonné aux oreilles de ceux, nombreux, qui se sont reclus dans l’immobilisme dans l’attente de jours meilleurs. Oui, messieurs, cette fois-ci, il y a fort à parier que le train du salut — celui de l’indispensable remise en cause et de la grande lessive — semble bien parti pour sonner, avec ou sans vous. Mais, comme dirait l’autre en de telles circonstances, c’est vous qui voyez…
 
“UN HOMME AVERTI EN VAUT DEUX…“
 
On avait cru le vinyl appelé à disparaître avec l’arrivée du format CD. Vingt ans après, il est toujours là, plus cher que jamais au cœur des collectionneurs, quand son autoproclamé successeur, porteur du virus de la numérisation, l’a transmis à un format dont la dématérialisation pourrait bien préfigurer la chronique d’une mort annoncée. Ce qu’en d’autres termes, on serait tenté d’appeler la théorie de l’arroseur arrosé !
 
Que l’on ne s’y méprenne pas, ce n’est pas parce que le vinyl a ici largement notre faveur, que l’on se réjouit du mal fait à celui qui lui a largement succédé dans les foyers. Pour autant, et c’est un fait, le CD n’aura jamais, ni la chaleur, ni la patine et encore moins la classe du premier, mais au moins, devait-il offrir quelques avantages, au premier rang desquels sa réputée inusabilité (encore que…), sans parler de son aptitude à être joué ailleurs que sur la seule et unique platine vinyl trônant fièrement au faîte des chaînes d’alors. Las, c’était à la fois compter sur les bienfaits du numérique sans en mesurer les conséquences à terme. Conséquences qui ont fini par autoriser sa duplication sans plus la moindre altération sur un support vierge de même nature (avec l’introduction sur le marché du graveur) avant que celui-ci ne commence à être délaissé au profit du mp3 et autres fichiers informatiques compressés du genre, avec l’apparition puis le développement du réseau internet. Du coup, c’est tout bénéfice pour toute une nouvelle génération de consommateurs, et qui dit bénéfice pour ces derniers, dit autant de pertes en conséquence, non seulement pour les manufacturiers, mais aussi tous ceux qui sont inscrits dans cette chaîne, au nombre desquels les artistes, les auteurs, les compositeurs et les éditeurs.
Nous nous sommes mis dans l’obligation d’être encore plus rigoureux, disait Michael Reinboth, dans le cadre d’un sujet consacré à Compost dans ces mêmes pages début 2004. Nous apportons un soin tout particulier non seulement à la qualité de nos signatures (à l’image du dernier album de Beanfield sorti peu après), mais aussi à nos packagings. D’autres comme West End Records notamment se sont mis au téléchargement payant de fichiers via leurs sites respectifs… Une voie à explorer bien évidemment, reprend Reinboth. Mais elle ne sera pas viable avant au moins quatre ou cinq ans. Les sommes dégagées pour l’instant restant insignifiantes au regard des efforts déployés. De plus, leurs montants (de 70 cents à un Euro à l’heure actuelle) sont particulièrement délicats à gérer d’un point de vue bancaire. Enfin, nous n’avons à ce jour toujours pas réglé la question récurrente des droits de duplication. Discours sensiblement différent de la part de Kenny Dope, le partenaire et associé de Louie Vega à la tête de MAW Records… Difficile de parler au nom des générations qui viennent, c’est pourquoi nous devons envisager toutes les possibilités et en particulier via Internet. Cela étant, beaucoup comme moi ne sont pas prêts à faire abstraction de la matière et donc du support…
D’autres encore ont récemment cru bon penser à ce que les fournisseurs d’accès intègrent une quote-part destinée aux créateurs d’œuvres dans le prix de leurs abonnements en libéralisant totalement le téléchargement. Les sites dédiés tels traxsource.com et consorts apprécieront, à n’en pas douter…
 
EPILOGUE
 
“THE REVOLUTION WILL NOT BE TELEVISED“ (Gil Scott-Heron)
 
Si nouvelle révolution il doit y avoir, ce sera sur Internet et nulle part ailleurs. Cela dit, ce n'est pas la première à laquelle on assiste, même si l’on est loin d’avoir mesuré toutes les conséquences du passage de l’analogique au numérique. Une chose est sûre néanmoins : l’indispensable adaptation/changement des mentalités, sous peine d’ajouter son nom à la longue liste des victimes emportées par les mutations successives qu’à connues notre société depuis l’aube des temps…
 
Gil Scott-HeronLe phénix renaît de ses cendres, à l’image de tous ceux dont le talent subsiste aux affres du temps. Mais aussi d’Internet, un peu trop vite oublié visiblement, après la débâcle d’une économie dite nouvelle qui aura eu pour seul tort celui d’avoir cru qu’il lui suffisait d’être telle que pour diriger le monde. L’on aura à l’époque sans doute un peu trop surestimé les capacités de réaction d’une population alors néophyte en la matière avec tout ce que cela sous-entend comme freins à la consommation. Sans parler du taux d’équipement, bien moindre qu’aujourd’hui et encore moins que demain.
De fait, livrés ainsi à eux-mêmes, avec des subsides réduits à leur plus simple expression, les quelques rescapés ont-ils fait leur cette fameuse attitude post-punk que l’on appelle le do it yourself. D’autres se contentant d’y maintenir une présence symbolique, comme on pose une balise sur la bande FM dans l’attente de l’attribution définitive d’une fréquence. Avec l’apparition d’Internet et la prolifération de ces fameux fichiers compressés, c’est toute une nouvelle approche de la corporation dans son ensemble qu’il va falloir se résoudre à penser sans tarder. Que l’on soit PDG d’une maison de disques à succursales multiples, attaché de presse, DJ (avec l’arrivée des fameux logiciels de type Final Scratch), éditeur ou autre… Mais c’est aussi une redéfinition entière des rapports dans toute la chaîne, avec l’arrivée de nouveaux intervenants, la prise en compte des dimensions supranationales de ce nouveau support.
Internet, ce n’est pas demain ; c’est déjà ici et maintenant et un peu plus à chaque jour qui passe avec, en l’espèce, la certitude d’y retrouver un esprit pionnier qu’il sera cette fois probablement plus difficile de réduire au silence dans l’immensité de la matrice… MFSB
 
 
 
 
 


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