Nous y voilà, dans ce qui apparaît maintenant tel la dernière ligne droite avant les festivités de Miami avec des tas de choses en prévision pour satisfaire vos appétits. Retour au cœur de l’underground cette semaine avec un papier consacré à Jus-Ed, activiste de la première heure originaire du Connecticut, DJ et producteur qui s’apprête à sortir la première compilation sur son propre label en même temps qu’à redonner vie à sa résidence New Yorkaise (à Elements) ce dimanche.
Voilà maintenant près de deux ans et demi que nous existons ; ce qui devrait vous donner une idée somme toute assez précise du bois dont nous nous chauffons. Mais qu’en est-il de vous exactement ? C’est le thème du prochain numéro de Politics Of Dancing attendu sur vos écrans vendredi. Quant à notre issue Issue (la 112° du nom), elle voit le retour in full effect de JM Irie et sa rubrique – NuGroove – avec un hommage au regretté J Dilla qui nous a quittés il y a une quinzaine de jours.
Dieu fasse qu’il repose en paix, tandis que nos pensées les plus chaleureuses vont à son entourage…
ISSUE # 112 - NUGROOVE (SOUL, JAZZ, BREAKS, BROKEN BEAT + MORE…)
Jay Dilla
for ever!
C’est avec une immense tristesse que nous avons reçu l’annonce du décès de Jay Dilla, le 10 février dernier.
James "Jay Dee aka J Dilla" Yancey est né et a passé le plus clair de son temps dans l’East side de Detroit. Bien que peu soit effectivement connu quant à ce qui l’a amené à la musique, ce qui est indéniable, c’est le fait qu’il est devenu l’un des producteurs les plus talentueux et novateurs de notre temps. Tirant son inspiration du fameux ‘Big Mouth’ de Whodini à l’époque, Jay a commencé à se faire la main en jouant avec les touches ‘pause’ et enregistrement de son lecteur de cassettes. L’apprentissage de l’utilisation du MPC-60 avec l’aide d’Amp Fiddler en 1992 le verra dès lors franchir les palliers un à un pour être considéré aujourd’hui comme l’un des beat makers les plus fous du hip hop.
Son association avec deux copains de fac - T3 et Baatin, donne naissance à ce groupe nommé Slum Village (Circa 1998). Jay travaillant dès lors aux techniques de la rime pour coller le mieux possible à ses productions acérées. Alors que Slum Village commence à se faire un nom à Detroit et sur la côte Est, les productions de Jay suscitent l’attention d’artistes de plus en plus nombreux dans l’industrie du disque, si bien que fin 1996, son nom figurait dans le staff de production de nombre d’albums de l’époque ; que ce soit pour The Pharcyde, Keith Murray, Busta Rhymes ou encore De La Soul. C’est ainsi qu’il se fait remarquer par Q-Tip (A Tribe Called Quest) qui fait appel à lui pour participer à la production de l’album Beats, Rhymes And Life sorti en 1996. Jay Dee deviendra alors le troisième membre de Ummah, une équipe de production informelle, avec ce dernier Ali Shaheed. Cette même année voit par ailleurs la première sortie de Slum Village, sous la forme du classique et rare Fantastic Vol. I. Une rencontre avec Janet Jackson l’amène à remixer ‘Got Til’ It’s Gone’ et par là même à mêler la délicatesse d’interprétation de cette dernière à ses constructions rythmiques de folie.
Parti pour lorgner vers d’autres genres, Jay s’en ira concocter des beats pour des artistes tels Macy Gray, D'Angelo, N'Dea Davenport et Erykah Badu. L’année 2000 est stellaire, voyant sa notoriété aurpès d’autres artistes franchir un nouveau cap avec la sortie du mémorable Fantastic Vol. II de Slum Village sur Goodvibe Recordings. Avec l’éclatement de Ummah qui suit la séparation A Tribe Called Quest en 99, J Dilla devient membre The Soulquarians. Là, avec Ahmir '?uestlove' Thompson (The Roots), James Poyser et D'Angelo, il règle une partie conséquente de la production de l’album Like Water For Chocolate de Common qui sort en 2000 et contribue de manière notable à celle de Voodoo de D'Angelo.
En 2001, Jay Dee sort son tout premier album solo intitulé Welcome 2 Detroit (BBE Records). Celui-ci est l’occasion de découvrir un certain nombre de emcees du coin, en même temps qu’il illustre toute la versatilité de Jay Dee et l’étendue de son art. Ce volume de 16 plages fait de morceaux avec textes, de reprises instru et de grooves imparables confirme sa position parmi les producteurs les plus inventifs de sa génération et même au-delà. D’autres travaux suivent comme l’album Jaylib (Jay Dee & Madlib) une série d’instrus sur Bling47.com et la production de deux titres – ‘Love is...’ et ‘It's Your World (Part 1 & 2)’ sur l’album Be de Common. Jay Dee laisse derrière lui une œuvre que l’on n’a pas fini d’apprécier, voire de redécouvrir dans les années qui viennent. Son album le plus récent, Donuts, est sorti le 7 février dernier, jour de son 32° anniversaire. Deux autres projets, The Shining (BBE Records) et Jay Love Japan (Operation Unknown) sont d’ores et déjà bouclés et devraient sortir l’année prochaine. Alors que des productions sont attendues pour le compte des Madlib, Busta Rhymes, Ghostface Killah, A.G., Visionaries, Truth Hurts, Phat Kat, MF DOOM, Skillz et autre Frank N Dank.
La mère de J, Maureen Yancey, s’est entre temps installée à Los Angeles pour être auprès de lui tout au long de sa longue maladie. Il est demandé de sa part que tout don, en lieu et place de fleurs, soit adressé à un fonds établi à son nom :
A l’ordre de Mrs. Maureen Yancey – Les donations sont à faire parvenir à l’adresse suivante : Maureen Yancey 132 N. Sycamore Avenue Los Angeles, CA 90036
Des virements bancaires peuvent également être adressés à : Wells Fargo Bank of Los Angeles, CA Routing Number: 122000247 Account Number: 6043250676 1-800-869-3557
Veuillez noter que les dons adressés à Mrs. Yancey ne sauraient faire l’objet de quelque déduction fiscale. Ils sont considérés tels un geste de soutien.
J. Dilla 7 février 1974 – 10 février 2006.
Tandis que, de l’autre côté, la vie continue... A l’exemple de Marc Mac de 4 Hero Marc Mac dont le nouveau projet sous le nom de The Visioneers est attendu à la fin du mois sous la forme d’un album sur BBE…
Les sons du hip hop et du jazz s’y téléscopent, à l’image de morceaux comme ‘Mood’ ou encore de ces reprises de Nas (‘The World Is Yours’) et ‘Pharcyde Runnin’. Ce projet voit les participations de Brad Somatik ainsi que de Luke Parkhouse, le batteur de 4Hero sans oublier celles des rappers Capitol A et Voice en tant qu’invités Marc explque : J’avais une vision précise de The Visioneers bien avant que nous n’enregistrions le premier album. Visioneers n’est pas un groupe, c’est un concept de studioi. Je veux ici rendre hommages à des producteurs de hip hop comme Jazzy Jeff, Jay Dee et Pete Rock qui m’ont amené au Jazz et j’ai ressenti le besoin de produire des morceaux qui sonnent tels des disques de hip hop dans un club et non comme ce qu’on pourrait appeler du jazz de salon. C’est en quelque sorte un désir de réformer le jazz !
Dans la même veine, Dego & Marc ont par ailleurs annoncé la mise en chantier d’un nouvel album avec le concours de nul autre que Larry Mizell du légendaire team de productions Sky High… le jazz réformé, c’est bien ça ! IRIE