La Da Dee, La Da Da, La Da Dee, La Da Da… Je devine déjà les souvenirs qui s’entrechoquent dans les esprits et l’excitation qui monte peu à peu chez ceux qui auront la chance de la voir ce vendredi 17 mars à Baltimore, à l’affiche de la soirée d’anniversaire d’Ultra Nate. Nous revenons à cette occasion sur l’interprète de ce refrain immédiatement repris aux quatre coins du globe et par là même de ce morceau – ‘Gypsy Woman’ – depuis lors fermement inscrit au patrimoine mondial de la house. Ladies & gents : Crystal Waters !
30 mai 1991. J’appelle l’intéressée chez elle pendant l’heure du déjeuner. Dès après les présentations d’usage, elle me répond d’une voix quelque peu surprise : Waouw ! Un Frenchie au téléphone… Je n’aurai pas cru cela possible, il y a encore quelques semaines. Un jour, j’ai écouté mon titre à la radio, je ne pouvais pas le croire et j’ai encore du mal. Tout le monde me regarde maintenant d’une drôle de manière au bureau. Oui, au bureau, vous avez bien lu ! Et la surprise n’a pas du manquer d’être de taille pour cette informaticienne employée par le Gouvernement US au service de libération des détenus sur parole. Quand bien même la musique aura toujours occupé un rôle prépondérant dans sa vie. Je viens d’une famille de musiciens, explique-t-elle. Mon père, Jr Waters, était chanteur et pinaiste de jazz. Il a eu un hit dans les 60’s avec ‘My Life is Seven’ et a fait des apparitions télé dans une émission intitulée American Bandstand. Ma tante Ethel est elle aussi chanteuse et a eu quelques rôles au cinéma dont un dans The Cotton Club.
Mrs Waters quitte son New jersey natal en 1983 pour commencer un cycle d’études en informatique à l’Howard University de Washington d’où est également sortie – pure coïncidence – une certaine Angela Winbush. C’est dans cette même ville qu’elle rencontre les Basement Boys, mais ce n’est là probablement pas non plus un hasard – à l’origine de la reconnaissance d’Ultra Nate. Je leur ai donné une démo sur laquelle j’avais une base, mais pas encore les textes définitifs et ils ont écrit la musique. Ce morceau est l’histoire d’une femme sans abri. Elle est tellement gentille que même le journal local lui a consacré un papier. Elle chante du gospel tous les jours. Elle est coiffée, maquillée et a tout d’une femme respectable. Elle ne demande rien à personne si ce n’est une petite pièce. Elle a simplement décidé d’être une personne de la rue. Ce fameux ‘La Da Dee’ m’est venu de sa manière de chanter. Un premier single qui ne devra sa sortie qu’à un changement de directeur artistique (merci Steve Wolfe) chez A&M en Angleterre où elle était signée avant de l’être chez Mercury pour le territoire américain. Le succès est fulgurant et la qualité des textes écrits par elle est telle que les Basement Boys décident non seulement de poursuivre l’opération en produisant la totalité de son premier album, mais aussi de la faire participer à la réalisation de celui d’Ultra Nate. J’aime un peu tous les styles, bien que la country m’agace quelque peu. Je ne me limite pas à la dance. J’adore Betty Carter, Ella Fitzgerald et Nancy Wilson. On n’écoutait qu’elles à la maison lorsque j’étais gamine. Mais j’éprouve aussi beaucoup d’admiration à l’égard de Prince et Sting qui savent écrire des textes vraiment originaux. Crystal devait mettre fin dès le lendemain de notre entretien à ses activités dans la fonction publique, son second single – ‘Makin’ Happy’ à peine envoyé en promo copy aux DJ’s américains et l’album fraîchement pressé. Quant à la suite, c’est une autre histoire. Et pour ce qui nous concerne, il ne nous reste plus qu’à souhaiter un bon anniversaire à Ultra. La Da Dee, La Da Da… MFSB
CRYSTAL WATERS live @ SUGAR - 1722 N. Charles St. (2 blks above Penn Station) BALTIMORE, MD.