Qui aime bien, châtie bien… Fameux proverbe qui, à n’en pas douter, aura été pour beaucoup dans le lancement de cette rubrique régulière intitulée Politics Of Dancing. Une rubrique à propos de laquelle nous ne pensons faire rien d’autre que ce qui est supposé être notre travail d’observateur, avec la volonté d’apporter notre contribution à l’établissement d’un futur meilleur s’agissant de ces vibrations qui nous unissent.
Chaque année à la même période, les festivités de Miami donnent l’opportunité d’avoir à la fois un cliché instantané en même temps qu’une vue élargie de ladite scène house et cette année s’avère une fois encore riche en enseignements pour ceux d’entre nous qui ont l’habitude de voir un peu plus loin que le bout de leurs nez…
Si l’on se réfère uniquement à la consommation, cette année à indubitablement atteint de nouveaux sommets avec toujours plus de visiteurs venant s’ajouter aux vacanciers du fameux Springtime et toujours plus d’événements s’ajoutant les uns aux autres à un rythme journalier ; et ce pour la plus grande satisfaction de ceux qui en tirent profit. En d’autres termes, les organisateurs de l’événement, m ais aussi et plus encore les hôteliers, restaurateurs, chauffeurs de taxis… et, d’un point de vue plus spécifique, les patrons de clubs et promoteurs de soirées, dont les tarifs d’admission – comme à Ibiza – passent du simple au quadruple pendant la durée des festivités ! En conséquence et telle que soulignée par Michael Fossati de spiritofhouse.com dans ses comptes rendus quotidiens, beaucoup de soirées dont le but est favoriser la promotion de nouvelles productions et de nouveaux talents ont eu à souffrir de l’arrivée progressive de soirées déjà installées, considérées comme de véritables institutions dans les endroits où elles se tiennent habituellement et l’on peut s’interroger quant à la raison de leur venue sur place, si ce n’est pour leurs promoteurs d’engranger quelques profits supplémentaires à proximité de ces rivages ensoleillés… Et l’on s’interrogera tout autant quant à l’intérêt réel pour ceux qui s’y rendent chaque semaine de faire un tel investissement pour retrouver la même chose à Miami !!! Sans parler du nombre croissant de ces soirées avec, pour conséquence directe, la dilution littérale du tout dans un magma sans fin où il devient de plus en plus difficile pour les fans, voire les rares observateurs d’opérer un choix objectif. Tout cela s’ajoutant au fait qu’il n’y a plus aujourd’hui d’endroit central où il est loisible de se rencontrer, d’échanger du matériel et des idées comme c’était le cas il y a quelques années chaque après-midi aux abords de la piscine du Fontainebleau…
C’est vrai, on pourra toujours se dire que le propre même du temps qui passe est d’apporter des changements, mais aussi se demander si, dans le même temps, c’est pour le meilleur. Et, maintenant que l’extravagance est derrière nous, ce qui va se passer durant les 51 semaines restantes !!!
Les années passent, mais les enseignements que l’on tire de l’événement demeurent tristement les mêmes. La house music se dévore progressivement de l’intérieur avec ce volume croissant d’acteurs tournés sur leurs seuls égos au lieu de se soutenir les uns les autres au sein d’une réputée communauté. Et comme si tout cela n’était pas encore suffisant, il semble qu’il en soit fait de moins en moins à l’attention des rares observateurs totalement dévoués à la cause, si l’on en juge par leurs travaux accomplis d’un bout à l’autre de l’année avec l’envie d’apporter les derniers développements s’agissant de la musique qu’ils soutiennent et de leurs acteurs. A ce sujet, la réponse de Franke Estevez de Fuzion Records s’agissant de savoir ce qui doit évoluer est des plus significative quant à la situation actuelle. Ce qui doit évoluer, dit-il dans le cadre d’une série d’entretiens quotidiens à l’occasion de la Conference de Miami, c’est la reconnaissance de la dance music. Et ce que je veux dire par là, c’est le recours aux media qui donnent l’exposition à ce marché. J’aimerais nous voir figurer dans de grands magazines, à la télé ou sur ces programmes de radio live. Il me semble que sans la réunion de ces paramètres, ce sera beaucoup plus difficile. Propos que l’on ne saurait contredire, tant la survie d’une scène, quelle qu’elle soit, paraît compromise en continuant à négliger ces possibilités, à l’image d’une scène house qui ne ressemble plus guère qu’à une bourse aux échanges entre DJ’s.
On récolte ce que l’on sème, dit encore l’un de ces fameux proverbes. Aussi et dans de telles conditions, ne faut-il guère se demander pourquoi, la scène house, en ignorant comme elle le fait à l’occasion les rares parmi ceux qui la soutiennent toute l’année, en arrive à récolter aussi peu d’exposition en comparaison avec d’autres genres comme le rock, le hip hop le R&B.
Terminerons néanmoins d’une manière plus positive en soulignant les travaux d’un certain nombre d’artistes/producteurs qui méritent l’attention, à l’image de Steal Vybe, Wil Milton, Franke Estevez & George Mena, Jihad Muhammad Herb Martin, PirahnaHead et ses collègues de Detroit. Ils sont de ceux qui, en maintenant en vie les bonnes vibrations, enchantent nos cœurs et nos esprits et contribuent à entretenir notre espoir en des jours à venir meilleurs. MFSB
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