Aucun doute, lorsque l’on en vient à parler d’art et de (bon) goût combien peu nombreux sont ceux qui en font preuve quand beaucoup d’autres sont à côté de la plaque. Quant au reste, ce n’est ni plus ni moins qu’une question d’aptitudes que l’on développe avec le travail. C’est là que l’on trouve Chris ‘Cee Rule’ Forman et Damon ‘Mr Dizzy Fingers’ Bennett qui, sous les couleurs de Steal Vybe, comptent parmi les forces les plus créatrices ayant émergé ces derniers mois…
Hello Chris. La première chose qui vient à l’esprit à l’écoute de vos travaux, c’est l’extrême musicalité qui en ressort, comme si elle était le fruit de recherches par opposition à beaucoup de morceaux pré-formatés alentour. Un commentaire ?
Nous ne faisons rien d’autre que ce qui nous vient à l’esprit et nous essayons à en tirer le meilleur musicalement parlant.
Le moment serait-il enfin venu à ce type d’approche, à l’instar des travaux de Wil Milton, Jihab Muhammad et autre Antonio Ocasio, sur les traces de Larry Heard et Marshall Jefferson à l’époque?
Tout s’opère de manière cyclique. Je pense qu’ils font partie de ceux qui maintiennent la bonne musique en vie et que, comme nous, ils font ce qui leur passe par la tête. Larry Heard et Marshall Jefferson ont signé quelques classics intemporels et nous apprécions ce qui fait l’unicité de leur musique.
Nous savons tous combien les DJ’s ont été pour beaucoup dans la propagation de ladite dance music depuis ces 30 dernières années. Comment percevez-vous leur implication dans la production ? N’a-t-elle pas été, dans le même temps et aussi paradoxal que cela paraisse, à l’origine du déclin progressive du niveau en termes de qualité ces dernières années ?
Tout ce que je puis dire, c’est que la dance music me semble avoir changé vers le meilleur depuis quelque temps, hormis certains sons, mais c’est avant tout une question d’appréciation personnelle.
N’y a-til pas, outre de rares exceptions, un véritable fossé entre les artistes et les DJ’s s’agissant de la production ?
Complètement ! Et je crois que ce n’est pas bon! Il faudrait trouver un juste équilibre.
Le retour à une musicalité réelle s’agissant de la musique – et je ne parle pas de dance music qui me semble une appellation trop restrictive pour ce qui vous concerne – peut-il atteindre un niveau plus haut d’acceptation ?
Hmm, nous aimons tous la musique et ce qui compte avant tout, c’est qu’il y ait des oreilles pour en écouter et que nous soyons capables de nous exprimer en la matière. En ce sens, la technologie a été d’une grande aide pour beaucoup. Et puis, je ne saurai oublier que c’est elle qui m’a amené à la fois si près de la musique et à en produire. Je ne joue du clavier que depuis 9 ans. Avant cela, je bricolais par ci par là. Puis je m’y suis mis sérieusement. C’est là que j’ai commencé à prendre des cours, parce que ce que je savais faire jusque alors ne me permettait pas d’aller plus loin.
Quelle est ta définition d’un bon morceau ?
Je dirais, tant qu’il me touche et me fait ressentir l’énergie de la musique. Je me fous que ce soit une chanson ou un instru. Tout ce qui compte, c’est qu’il me fasse me sentir bien.
Certains artistes ont fait état de connexions réelles entre musique et architecture…
Qu’importe l’outil ou la manière dès lors qu’il est question de bonne musique, mon frère…
On pourrait également être tenté faire le parallèle entre musique et photographie mais aussi cuisine d’une certaine manière.
Encore une fois, si ça marche, allons-y!
D’où viens-tu (je veux dire, ton background). Qu’est-ce qui t’a fait devenir ce que tu es, tes héros et les circonstances de la rencontre avec ton partenaire ?
J’ai toujours aimé la musique. Dès l’âge de 7 ans, j’ai été sensible à beaucoup de bonne musique. J’ai mis le nez dans la house en 1993, ce qui ne date pas d’hier. Bien que d’autres sont là depuis le début, je n’ai jamais vraiment accroché à ce qu’on appelle l’early house. Je n’ai opéré la transition qu’à partir du moment où je me suis plongé dedans. Parmi ceux qui m’ont inspiré, Earth, Wind & Fire, Steve Wonder, Isaac Hayes, Prince et quelques autres qui comptent parmi mes héros. J’ai rencontré mon partenaire par le biais d’un musicien avec qui je travaille et qui joue de la basse live pour moi. En temps normal, je n’apprécie guère l’attitude d’autres pour ce qui concerne la musique, mais Damon et moi avons su nous trouver et nos approches se complètent à merveille.
Qui fait quoi ?
Damon joue de la flûte et nous jouons tous les deux du clavier. Pour le reste, tout dépend. Il arrive que je démarre un projet et que Damon prenne le relais ou inversement. Parfois nous travaillons chacun de notre côté, mais l’effort est toujours le même d’un côté comme de l’autre.
Quelques-unes des meilleures productions de tous les temps sont l’œuvre de duos. En serais-tu à penser qu’il est finalement plus facile de partager le travail avec un alter ego ?
Ce n’est pas comme cela que je dirais les choses. Je ne peux là parler que pour ce qui me concerne. Damon & moi avons fini par faire équipe. Parce que nous continuons à faire nos propres trucs chacun de son côté, tout en collaborant musicalement parlant.
Un exemple que tu pourrais avoir à l’esprit comme MAW, Jam & Lewis ou qui que ce soit d’autre?
Je pense que dès lors que la chimie est là, on est en mesure d’obtenir de grands résultats, que l’on soit seul ou non.
Tes trois morceaux préférés de tous les temps ?
Je n’en sais rien, j’ai tendance à aimer la majeure partre de ce que nous faisons. C’est pourquoi il m’est difficile de mettre un morceau plutôt qu’un autre en avant. Tous font l’objet de mêmes soins de notre part.
Ceux alentour dont tu apprécies les travaux?
Steal Vybe, tant qu’à faire!
Parle-nous de cet Argentin que vous avez signé sur votre label. Alfredo Norese, un grand musicien venu d’Amérique du Sud. Ce mec est incroyable ! Tout ce que je peux te dire, c’est attendre d’écouter les projets en cours pour te faire une idée. Je pense qu’il va rapidement se faire un nom, tant auprès des amateurs de musique soulful qu’auprès du grand public. Il y a des travaux pour lesquels nous avons collaboré et des trucs qu’il a faits lui-même. Alors, à suivre…
Un mot à propos de Stephanie Renee!
Magnifique!!!!!!!!!!!!!!!!!!
A propos de votre nouvelle sortie sur Stalwart.
Encore une douceur bien soulful!
Il est aussi apparemment question d’un album...
Nous travaillons effectivement sur un projet grand format, mais on n’est pas sorti de l’auberge. Nous essayons de nous assurer que tout soit bien ficelé. Mais tu peux le croire, ce sera une tuerie, avec beaucoup de variations en matière de musique.
Comment percevez-vous Miami?
C’est un endroit plutôt cool pour établir de nouveaux contacts et faire sa propre promo et où être pour donner un coup de pouce à des projets.
Que peut-on en attendre?
Tout dépend de ce que l’on recherche. Ne jamais oublier de donner ses coordonnées et essayer d’attendre avant de donner quoi que ce soit, à moins d’être déjà en relation avec la personne à qui l’on soumet une démo. Autrement tu risques fort de la voir finir sur une pile d’autres du genre, voire qu’elle ne soit même jamais écoutée. Le mieux, c’est encore d’envoyer la démo une fois qu’on a les coordonnées du destinataire…
Un parfum ?
Cerise vanille
Une image ?
L’espace!
Un sentiment ?
Musique
Un mot ?
Paix!!!
Merci, MFSB
STEAL VYBE featuring CORDELL McCLARY Missing You (Stalwart Records)
INDAMIXWORLDWIDE.COM: Only the best, No time for the rest!
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