A TRIBUTE TO MARVIN GAYE
(04/02/1939 – 04/01/1984)
Je ne saurai te dire ce que j’ai ressenti à l’annonce de la disparition de Marvin Gaye, m’expliquait Carl MacIntosh (de Loose Ends) il y a des années à Paris, après que je lui aie dit combien il tendait par moments à avoir les mêmes intonations que lui. J’étais là, tranquillement à la maison en train d’écouter KissFM quand ils ont brusquement interrompu leurs programmes. Il était une heure du mat’ et quelque chose et cela m’a mis dans un véritable état de choc pendant un moment qui m’a semblé une éternité. Dieu se souviendra probablement combien il n’a pas été le seul à se sentir de la sorte…
Marvin, he was a friend of mine,
And he could sing a song,
His heart in every line,
Marvin sang of the joy and pain,
He opened up our minds,
And I still can hear him say,
Aw talk to me so you can see,
What's going on,
Say you will sing your songs,
Forevermore (evermore),
Gonna be some sweet sounds,
Coming down on the nightshift,
I bet you're singing proud,
Oh I bet you'll pull a crowd,
Gonna be a long night,
It's gonna be all right,
On the nightshift,
Oh you found another home,
I know you're not alone,
On the nightshift…
(tiré de ‘Nightshift’ des Commodores sur Motown)
Je ne saurai vous dire précisément où j’étais en cette date fatidique du 1° avril 1984, bien qu’il me soit loisible d’affirmer que cette information a du me parvenir en même temps, les images de mes rencontres furtives avec LA soul legend me revenant brutalement en mémoire. Nous devions probablement être programmés pour nous voir, bien que rien n’ait jamais été prémédité, à l’image de cette première fois où nos regards se sont croisés. Je n’avais d’ailleurs rien à voir avec le music business, hormis le fait et je n’ai rien trouvé de mieux que de bredouiller un ‘Vous ?’, l’homme me répondant doucement un ‘Oui, moi-même’ avec un large sourire avant de disparaître la minute d’après. Il me sera donné de croiser à nouveau son chemin quelques mois plus tard lors d’un séjour chez des amis en bordure de la Mer du Nord, sans la moindre idée de l’endroit où il pouvait se trouver. J’étais là à contempler le large depuis la digue quand je l’aperçus soudain se tenant à côté de moi. Je crois que, tout comme moi, il était venu respirer de l’air frais et nous voir dans des conditions pareilles me parut encore plus surprenant. Je lui dis alors combien son œuvre m’avait touché, avec les mots de quelqu’un qui n’était pas d’ascendance anglophone et il sembla sincèrement ému, me demandant en retour d’où je venais et ce que je faisais ici à Ostende. Quant à lui, il me dit qu’il séjournait également ici chez un de ses amis et qu’il collectait des idées dans le cadre de l’enregistrement d’un nouveau projet. Je pense que je fus trop timide à l’époque pour lui demander plus de détails. D’autant que cela ne me regardait pas et qu’en plus, ce n’était pas mon job à l’époque. C’est quelque chose qu’il a probablement apprécié ainsi que je le réaliserai plus tard, en allant boire un verre avec lui. Ce sera d’ailleurs la dernière fois que je le verrai…
Marvin ne semblait pas des plus disert, encore qu’il était évident que son esprit était traversé d’une foultitude de choses. Je crois pouvoir dire qu’il était de ces ‘(troubled) men’ dont on pouvait avoir quelque perception à la vue de ses aptitudes incomparables en tant qu’artiste - Et par cela, je veux dire pas seulement en tant que ‘performer’, mais aussi en tant qu’auteur – et cela, bien au-delà encore de ce que l’on a pu lire ici ou là, tant il est vrai que les simples mots trouvent parfois leurs limites.
Aujourd’hui, avec le temps, j’aurai tendance à voir en l’existence de Marvin une sorte de ligne faite d’incessants hauts et bas tracés au rythme de ses émotions. Et c’est probablement ce qui rend son œuvre d’autant plus vibrante, tout autant que cela aura servi de fil conducteur à une telle conduite versatile, mue par des sentiments contradictoires, pour ne pas dire des démons internes. Une sorte de version non cachée de Dr Jekyll & Mr Hyde, si vous me permettez l’expression, ayant amené à tous ces extrêmes, jusqu’à l’ultime en ce 1° avril 1984, dont l’existence de Marvin aura été parsemée…
Marvin, tu étais notre ami… MFSB
Biographie
- Marvin Gaye, My Brother by Frankie Gaye with Fred E Basten (backbeat Books, Apr. 2003)
- Divided Soul: The Life of Marvin Gaye by David Ritz (Da Capo Press, Sept.1991)
- Mercy, Mercy Me – The Art, Loves & Demons of Marvin Gaye by Michael Eric Dyson (Basic Civitas Books, March 2004)
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