Alors que Miami n’est plus qu’un souvenir et que presque tout le monde s’en est retourné à ses occupations quotidiennes, le temps est venu pour les langues de se délier. Et à en juger par ce qui nous a été rapporté, cela semble loin d’être pour le meilleur ; ce qui, si vous êtes assidu de la rubrique Politics Of Dancing, ne devrait guère être de nature à vous surprendre…
Une fois encore, et en droite ligne de ce que nous pensons être notre rôle en tant que réputé observateur, nous ne pouvons difficilement nous empêcher de monter à nouveau au créneau en affirmant combien ce qui se passe d’une année sur l’autre prend les airs d’un suicide collectif de la part de la scène dans sa globalité. Et ce ne sont pas les inévitables photos de bimbos bronzées et de gogos body buildés servant d’illustrations aux habituels reportages d’après Miami dans les magazines à pareille époque qui changeront quoi que ce soit à la situation. Tout cette m*** va de travers, avec de nouveaux sommets encore atteints cette année. Et, à moins d’un changement radical à venir, je vois mal l’intérêt qu’il y a à considérer cet événement comme un point focal de rencontre dans l’esprit d’un nombre croissant de ceux qui sont totalement dévolus à leur art, ainsi qu’en attestent par ailleurs les témoignages attendus de nos correspondants au courant de la semaine.
Il semble évident que ce qu’il est advenu d’Ibiza en période estivale il y a quelques années soit en train de se reproduire en bordure des rivages ensoleillés de Floride, avec ces inévitables promoteurs tirant une fois encore avantage de la situation, tuant l’esprit et la vocation initiale d’un événement dont la raison d’être – faut-il le rappeler ? – est de donner au monde un aperçu de la créativité de la scène. Et Dieu sait combien nous nous en sommes éloignés au fil du temps.
Des plus ironique, serais-je tenté de dire, de la part d’une scène qui a établi ses fonds baptismaux sur le fameux principe du Do It Yourself il y a quelque 20 ans, s’autoproclamant telle une… Nation constituée et ayant fait sa réputation sur des valeurs comme l’amour et la fraternité. Mais tout aussi cruel dans le même temps de voir combien ces esprits emplis de foi sont devenus les esclaves de personnages venus de l’extérieur avec nul autre but que celui de faire de l’argent à n’importe quel prix. Je ne puis encoreune fois humblement m’empêcher d’éprouver une profonde tristesse pour tous ceux qui, eu égard à leurs talents, méritent bien plus que l’attention qui leur est accordée, et d'être littéralement dégoûté par tant de gâchis…
Je veux dire : à qui cette ‘‘maison’’ pour accueillir comme siens tant de gens occupés à en tirer des profits maximum sans donner quoi que ce soit de valable en retour ???
A qui cette ‘‘maison’’ où il est fait plus cas de la hype que des aptitudes réelles ???
A qui cette ‘‘maison’’ qui néglige ceux qui la soutiennent du 1° janvier au 31 décembre à qu’il il est exigé des tarifs d’admission astronomiques sous prétexte qu’il s’agit DE Miami ???
A qui cette ‘‘maison’’ qui ne fait guère cas de ceux, de plus en plus rares, qui investissent temps (et argent) dans le but de lui donner meilleure visibilité ???
A qui cette ‘‘maison’’ dont certains habitants nous ramènent au triste souvenir de la période de la ségrégation au motif de sa couleur qui ne pourrait être, selon eux, autre que noire ???
A qui cette ‘‘maison’’ ? Sûrement pas à moi, pas plus qu'à, pouvoir l’affirmer, une vaste majorité d’entre vous !!!
En conséquence, on ne s’étonnera guère d’entendre évoquée avec un peu plus d’instance l’éventualité/nécessité de l’arrivée d’une alternative dans les propos de ceux, en nombre croissant, pour qui cette ‘‘maison’’ n’est plus la leur et l'on ne trouvera au demeurant guère de quoi les en blâmer.
Bien sûr, c’est là loin d’être la première fois que se murmure une telle possibilité, mais les chances n’ont jamais paru aussi grandes de la voir se concrétiser un jour ou l’autre. Et le plus tôt sera le mieux…
Frederic 'MFSB' Messent, editor
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