Un peu plus d’un an (déjà) depuis le lancement de Traxsource.com et notre dernière conversation avec son cofondateur, Brian Tappert. L’opportunité rêvée de le voir faire le point sur ces 12 premiers mois d’activités, l’état de la scène et ce qu’il a retenu de ce récent cru 2006 à Miami…
Bonjour Brian, quelles nouvelles ? J’imagine que tu dois encore être sur le coup de Miami…
Salut Frederic, tout va bien, merci. Oui, je récupère peu à peu…
Alors, ces agapes ?
Je crois que cela a été un bon cru. Il semble que tout le monde soit venu à nouveau pour les bonnes raisons. L’année qui vient de se passer n’ayant pas été de tout repos, je crois pouvoir dire que tous ceux qui étaient là sont venus par amour de la musique et c’est quelque chose que j’ai pu ressentir pour ce qui me concerne.
Quels morceaux (choisis) en retiendras-tu ? D’un point de vue musical, derrière les platines, en matière de souvenirs?
C’est encore confus dans ma tête et je suis sûr d’avoir loupé des tas de trucs. Mais il m’a été donné d’écouter quelques bonnes choses, même si ce n’étaient pas nécessairement des trucs nouveaux. Entre autres Afromento – ‘Human Wave’, le mix de Dimitri de Muthafunkas, Mr V revu par Quentin Harris, le nouveau Claude Monnet sur SSOH, le dub de Jinx par Jamie Lewis Dub sur MN2S, Kathy Brown “Find Another Love” sur Defected, Hardsoul – ‘My Life’ remixé par Knee Deep Mix ainsi que 2 autres… ‘Don’t Let Love Weigh You Down’ et ‘Deep Inside’.
S’agissant des DJ sets, évidemment, tous ceux qui ont joué à la soirée Soulfuric et sans le moindre doute Timmy Regisford qui a fait un truc énorme à la soirée Shelter.
Côté souvenirs, le Traxsource Beach Ball haha… et le “Deep” t-shirt marron…
Beaucoup ici ou là se demandent pourquoi la house reste confinée aux seconds roles par rapport à d’autres genres. Un commentaire ?
Tu sais ce que c’est… Les gens passent leur temps à geindre et à critiquer. Si la scène devient trop… commerciale, ils se plaignent et c’est la même chose quand elle est trop ‘underground’. Moi, je préfère voire combien la house semble bénéficier d’un regain d’attention en ce moment en Angleterre, avec quelques bons disques programmés sur les radios et autant dire que j’aimerais que cela continue. Cela étant, nous ne sommes pas là d’hier et il est encore long le chemin. Je me réjouis de voir Defected aux commandes.
A mesure que le temps passe et bien que j’aie fait l’impasse cette année, il semble de Miami ne soit plus devenu qu’une sorte de bourse d’échanges strictement réservée aux DJ’s sans la moindre attention à l’égard de la presse, par opposition à ce qui se passe par exemple au Midem ou à l’ADE. N’est-ce pas quelque part dommageable ? Je veux dire : quel intérêt d’avoir un disque X ou Y faisant le buzz à Miami s’il n’y a pas le moindre relais dans la presse spécialisée en dehors des habituels reportages d’après Miami ?
Ainsi que je l’ai dit précédemment, venir à Miami cette année, cela aura été dépenser beaucoup d’argent dans les hôtels, les restos, etc, et d’abord par amour de la musique. Dommage, peut-être, mais s’il y a quelque chose à tirer de tout cela en matière de papier, n’est-ce pas à la presse de le faire par elle-même ?
N’est-ce pas non plus, parce qu’en definitive, beaucoup de ceux qui viennent sont condamnés à réagir à vue en raison de la fragilité de la scène ? Et sit el est le cas, ne s’agit-il pas d’un mauvais calcul au final ?
Peut-être bien. Difficile à dire…
Comment se fait-il qu’il n’y ait plus d’endroit central servant de point de rencontre, d’échange de materiel et d’idées à l’image de la piscine du Fontainebleau à l’époque ???
C’est un point de vue auquel je souscris également. Personnellement, je regrette cette période, mais les temps changent, comme tout le reste. Et, ou bien on fait avec, ou bien on est condamné à disparaître.
La WMC n’est plus ce qu’elle a été depuis un bon bout de temps et aujourd’hui, il n’est plus question que de soirées et de l’entretien de ses muscles en conséquence…
Et je ne parle meme pas de cette surinflation de festivités quotidiennes avec l’installation de soirées régulières venues de New York ou Chiocago, bien loin de la vocation initiale de ce type de manifestations sur place : la promotion !!!
…
N’as-tu pas l’impression que les festivités de Miami perdent un peu plus de leur intérêt d’une année sur l’autre, en prenant un peu plus les aires de ce qui se passe à Ibiza Durant l’été ?
Tu as peut-être bien raison… L’avenir nous le dira...
Revenons à des choses plus positives. Un an s’est écoulé depuis notre dernière conversation. Comment s’est passé ce premier exercice pour Traxsource ? Avez-vous atteint vos objectifs ? Plus ou moins ?
Honnêtement, nous sommes ravis de la tournure que les choses ont prise pour ce qui concerne Traxsource.
Nous n’avons jamais eu pour objectif d’être les plus gros, mais juste les meilleurs. Il y a chaque mois de nouveaux sites qui se lancent, et il me semble que nous supportons la comparaison avec les meilleurs d’entre eux.
La période de Miami a-t-elle quelque impact sur vos activités?
Définitivement, nos ventes s’en ressentent. Pour ce qui est de notre organisation, cela a aussi été un veritable défi que d’avoir tout prêt en temps et en heure… Nous avons ainsi sponsorisé pas moins de 20 événements à Miami cette année en plus de la gestion de la soirée Soulfuric alors que le site a continue de fonctionner à plein régime. Tout cela a été un travail énorme, mais nous avons la chance d’avoir une équipe qui n’a rien laissé au hasard…
Vue de l’extérieur, votre organisation impressionne. Combien de personnes sont nécessaires au fonctionnement de l’ensemble?
Marc (Pomeroy) et moi ne saurions être plus heureux de la manière don’t notre équipe travaille. Nous avons 11 personnes à plein temps et deux ou trios autres que nous considérons comme faisant partie de la famille qui viennent nous aider à l’occasion ; chacune d’entre elle faisant partie intégrante du tout.
Mon role est advantage celui d’un superviseur au jour le jour chargé de la maintenance de l’infrastructure en meme temps que de l’artistique pour le compte de Soulfuric. Marc, lui, gère l’aspect technique de l’ensemble et c’est loin d’être une mince affaire. Il est entouré de 2 programmeurs, Rolly & Scott, qui font les 3 huit, ou presque!!!
Sheldon Prince est le Directeur des Opérations à la fois pour Traxsource et Soulfuric et il est, lui aussi, bien occupé. Pour ce qui concerned la supervisation de tous les aspects de Traxsource ainsi que toutes les opérations liées à Soulfuric de la fabrication des disques à la promo, c’est l’homme à qui parler… Il est entouré de 4 collaborateurs pour ce faire.
Il y a aussi Mike Waldhorn qui, en tant que Directeur Technique de Traxsource est chargé de mettre les morceaux en ligne le plus vite possible ; ce qui est là aussi un job à temps. Ryan Mishkin est en quelque sorte notre polyvalent. Officiellement, c’est le Directeur de Promo, mais il fait bien plus que cela. Il est en charge de la production du Traxsource Radio Show, de l’artwork, et il a aussi quelque implication dans le domaine technique et nous aide également en studio.
Patrick Green est aussi une sorte de multi-cartes en dehors de son travail en tant Directeur de Produits. Scott Prieto s’occupe de notre service clientele ainsi que du fonctionnement des ordinateurs de notre bureau.
Megan Szatmary est la directrice financière et notre business affair ; ce qui, là non plus, n’est pas une mince affaire et elle est aide d’une super assistante en la personne de Liz.
Nous savons combien l’évolution technologique est incessante, alors que certains parlent déjà de l’après mp3. Est-ce à dire que vous vous êtes vus dans l’obligation de créer un department de recherches ?
Et comment, dans ce domaine tout bouge chaque jour…
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Une idée ce que Traxsource sera dans un avenir plus ou moins proche ?
En regard de l’évolution du temps…
Quel est l’avenir de Traxsource ? Avez-vous déjà pensé à l’insertion de nouvelles categories de produits ? De nouveaux genres ? Au développement de nouveaux services ? A la signature de partenariats ?
Et comment… Il y a des choses étonnantes en cours, mais tu comprends que je doive garder le silence à ce sujet pour le moment. Mais, oui, c’est clair, nous y travaillons…
Quel est le type d’emploi du temps que l’on a au quotidien, au long d’une semaine chez Traxsource?
Une vraie ruche du matin jusque au soir !
A ceux qui pourraient dire que vous êtes de ceux qui contribuent à tuer le vinyl, que réponds-tu ?
Je leur dirais qu’ils ont une vue restreinte de l’ensemble. La technologie elle-même a fait beaucoup de mal au vinyl. Ce que nous faisons en fait, c’est aider les labels et par là même la house music à survivre à cette évolution…
On entend ici et là se murmurer l’annonce de la disparition du vinyl d’ici 2008/2009. Y a-t-il quoi que ce soit que tu saches/sois en mesure de confirmer à ce sujet ?
Il semble que la substance à partir de laquelle est fabriquée le vinyl se soit raréfiée depuis quelque temps, ce qui a conduit à une augmentation des prix. Difficile à dire quand le vinyl ne sera définitivement plus une source de profits. Mais une chose est sure, Soulfuric continuera de presser et vendre du vinyl tant que cela restera humainement possible !
La lecture des tarifs requis sur Traxsource pour pouvoir télécharger toutes les versions d’un morceau correspondent plus ou moins au prix d’achat d’un vinyl, outre le fait – et pour cause! – que l’on n’a pas à régler de frais d’envoi. Un commentaire ?
Je n’ai pas le sentiment que cela soit vrai. Par exemple, un disque estampillé Soulfuric s’échange entre US$ 14 et 18 en Europe, alors que le téléchargement correspondant est bien moins élevé. En plus, tu peux choisir le mix qui te convient ou acheter le tout à prix réduit. Tu peux ainsi avoir un package ‘promo’ avec 4 mixes – don’t tu n’es pas sûr de trouver l’équivalent en vinyl – pour US$ 7.98. Le prix d’un téléchargement (donc d’une version) oscillant entre US$ 1.49 et US$ 1.98. La comparaison me paraît donc mal choisie…
Avez-vous connu aux Etats-Unis ce même débat à propos d’une éventuelle légalisation du téléchargement dit libre assorti d’un forfait supplémentaire que l’internaute aurait à payer aux fournisseurs d’accès ?
C’est la meilleure manière de tuer la musique. Nous sommes contre !
Quel(le) est la prochaine étape/le prochain combat ?
Viser à ce que le partage de fichiers cesse à travers l’éducation, la mise en place de sytèmes technologiques le permettant et tous moyens légaux.
Merci et felicitations à toute ton équipe.
Merci à toi également et bonne continuation… B
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