Une question qui me revient avec la régularité d’un métronome est : Etait-ce (vraiment) mieux avant ??? Et devinez quoi ? Je serais très tenté de répondre par l’affirmative si c’était possible ; ce qui ne l’est pas en la matière, tout simplement parce que l’on ne peut comparer que ce qui est comparable...
Oui, je sais ! Certains d’entre vous diront : Ce mec intellectualise presque tout ; ce qui n’est pas loin de la vérité en définitive. Mais comment chacun d’entre nous peut-il établir une comparaison – et je parle de manière objective – entre deux périodes distantes de 25 à 30 ans, synonymes de tant de changements dans notre vie quotidienne ? Etant entendu qu’il y a d’un côté ceux qui sortaient au milieu des années 70 qui sont aujourd’hui des quadragénaires (sinon des quinquagénaires !) et de l’autre, les clubbers d’aujourd’hui qui, pour beaucoup d’entre eux, n’ont pas vécu la période susmentionnée.
Evidemment, faisant partie de la première catégorie, je serais très tenté de dire que tout était mieux à l’époque, mais je crois que ce n’est là rien d’autre que le propre de n’importe lequel d’entre nous au regard de sa propre jeunesse, ainsi que brillamment dépeint dans cette fameuse série TV US intitulée Happy Days retraçant les aventures du motard Fonzi et consorts. Cela étant, n’oublions pas combien nous nous devons de vivre le temps présent et faire de notre mieux pour le rendre meilleur ; ce qui est loin d’être le plus facile en raison des changements incessants de notre environnement.
Les choses se doivent sans le moindre doute d’petre vécues telles qu’elles sont, non seulement au regard de la production actuelle, mais plus encore du temps présent. Et, ici encore, pas besoin de diplôme d’une université réputée pour constater combien les choses ont changé depuis ces 30 dernières années. A commencer par le fait que la majorité de la production est le fait de gens bien plus tournés vers les techniques de commercialisation que l’artistique lui-même et, de manière plus générale, d’un système caractérisé par une interactivité étroite entre les labels, les media et les fournisseurs de matériel (technologique), laissant de moins en moins de place à la liberté, la spontanéité et l’alternative. N’oublions pas non plus le fait qu’il n’y a plus besoin aujourd’hui d’être un musicien formé pour produire (quand il ne s’agit pas de reproduire) si ce n’est de la musique, à tout le moins des (ou du) son(s) ! Une évidence pour beaucoup dans le fait que les noms se voient remplacés par d’autres au rythme des modes, ainsi que c’est le cas de n’importe quel produit dit de consommation (de masse), je dirais, nous voyant oublier une notion essentielle qui est celle du temps nécessaire à l’établissement d’une réputation et du nom qui va avec. Et le résultat est des plus significatif avec, au final, pas un nom issu de la scène house venu prendre la place d’un Stevie Wonder, ainsi que me le disait le gourou techno, Jeff Mills de sa ville de Detroit il y a deux ou trois ans. Sans parler des ventes moyennes de disques, voyant beaucoup de gens aujourd’hui heureux de vendre 1000 à 1500 exemplaires d’un maxi ; ce qui, à l’époque aurait été considéré comme ridicule fort de chiffres avoisinant les 35 à 50000 unités, si ce n’est plus dans certaines occasions.
Guère surprenant de voir ces derniers changer de propriétaires aujourd’hui pour de véritables fortunes et des plus ironique dans le même temps de constater les performances médiocres de la musique dite électronique sur le marché de l’occasion en dehors de rarissimes exceptions. Là encore, rien d’autre que les signes des temps que nous vivons aujourd’hui (si tant est que nous les vivions) avec beaucoup d’entre nous pensant au lendemain au lieu de vivre ici et maintenant. Et pas moins ironique de voir tant de visages d’aujourd’hui faire de l’argent sur ces mêmes vibrations d’hier tout en étant dans l’incapacité d’en atteindre le niveau.
On ne peut comparer que ce qui est comparable, ainsi que dit précédemment, mais la question majeure est l’absence de véritables références quand ce n’est de background chez la plupart de ceux qui ont la charge de répandre la (bonne) parole/vibration aujourd’hui. Nous avons passé ces derniers mois à y travailler et c’est désormais le sens de notre combat dans ceux qui viennent, avec la volonté de contribuer au rétablissement d’une véritable échelle de valeurs basée non pas sur le dernier effet de mode, mais sur les aptitudes intrinsèques, voyant en cela l’unique manière d’être en mesure de faire des comparaisons objectives.
Plus que jamais, apprêtez-vous à trouver dans ces pages ce que nous estimons être le meilleur, tant nous n’avons guère la moindre seconde à consacrer au reste... MFSB
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