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Thursday 17th of May 2012 11:06:38 PM |
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Curieux de constater combien la musique peut être reliée à tant de choses de la vie telles ces sentiments que sont l’amour comme la haine à l’occasion, le désir, la passion, la gêne ou la répulsion, mais aussi les femmes, la cuisine (beaucoup de ceux qui sont vraiment dans le mix sauront de quoi je veux parler), la photo, l’architecture, sans parler de l’écriture, au nombre de ces choses qui me viennent à l’esprit au moment où j’écris ces lignes. Et quand je parle d’écriture, je pense notamment à son processus d’apprentissage. On la découvre dans un premier temps, typographiquement parlant, puis on la reproduit avant de chacun se l’approprier pour soi. Schéma typique de l’expérience – ce qu’on appelle encore le background – que l’on acquiert dans presque tous les compartiments de l’existence, mais encore faut-il rencontrer quelqu’un qui nous mettra dans le bain. Ce peut être un enseignant, un aîné, un mentor, un guide spirituel, un prescripteur, appelez le comme vous voudrez... En d’autres termes, ce que je serai tenté d’appeler UNE référence. Quelqu’un en qui l’on tendra à se reconnaître sans nécessairement en comprendre la raison, si ce n’est le fait qu’il ou elle viendra en quelque sorte nourrir notre appétit, si ce n’est le susciter. Ces personnes à qui l’on se réfère occupent, à n’en pas douter, une place spéciale en chacun d’entre nous, en raison de ce lien si particulier que l’on se sent avec elles. Pour ce qui me concerne, j’ai eu la chance d’en rencontrer à un âge tendre, si bien que cela en a facilité d’autant ma propre construction, en même temps qu’il m’a été donné d’acquérir une méthode...
Dans la plupart des cas, il n’y avait à cette époque qu’à prendre en compte les crédits sur les pochettes de disques et/ou les centreurs ; tout le monde ayant manifestement compris la nécessité d’avoir sa propre identité, loin de ce magma actuel qui nous entoure dans lequel tout ou presque se ressemble. Des producteurs aux musiciens, des maisons de disques qui se se comportaient vraiment comme des labels aux propriétaires/promoteurs de clubs qui faisaient tout pour rendre leurs lieux uniques. Sans parler des radios qui construisaient leurs réputations – et subséquemment leurs audiences – sur de vraies individualités à l’époque. Etait-ce parce que nous étions tous dans un même processus de découverte à cette période ? A moins qu’il ne faille voir dans ces interrogations rien d’autres que des considérations d’ordre générationnel... Pas évident d’y répondre, encore que s’il est une chose à prendre comme une évidence manifeste, c’est la diversité – et donc le choix – qui, ironiquement, était bien plus d’actualité qu’aujourd’hui malgré l’existence de supposés moyens de communication bien plus performants.
Beaucoup sont ceux qui ont inscrit leurs noms dans l’Histoire en s’étant vu laisser l’opportunité d’être simplement eux-mêmes, par opposition à ces concepts pré marketés en lutte pour le leadership dans les charts d’aujourd’hui. Et le résultat parle largement de lui-même, comme le démontre l’énorme différence en termes de ventes de disques d’une période à l’autre ; la première raison nous ramenant à l’existence indéniable d’une identité à l’époque, alors que tout était fait pour que l’on ait une idée précise de ce à quoi nous étions confrontés. Motown était Motown, Salsoul était Salsoul, Prelude était Prelude et ce qui était vrai de ces labels l’était pour presque tout alentour, du Paradise Garage au Palace à Paris pour ne citer que les plus connus, mais aussi s’agissant de tous ces endroits restés anonymes à l’échelle mondiale, y compris en France où beaucoup de DJ’s des années 70 étaient véritablement accros à la bonne musique, à l’opposé des nombreux suiveurs du top 30 qui sévissent aujourd’hui. Et le même constat de s’appliquer à la presse, avec des chroniqueurs se comportant tels des prescripteurs, loin des colporteurs de ragots actuels ; comme à la radio avec de vrais personnalités en lieu et place de ces récitants interchangeables de programmes préconçus qui leur ont succédé au fil des ans. Tout cela étant (aussi) pour beaucoup dans les différences majeures entre ces deux périodes distinctes. MFSB
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