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DJ MEME: ICI & MAINTENANT !
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Dans ce contexte aux changements incessants, loin sont les jours où la conception de la house muisic était réservées aux seuls Américains et Anglais. Signe des temps, le genre est tombé dans la mondialisation, permettant aux représentants de pays émergeants de montrer leurs visages en même temps que leur vision des choses, à l’instar du Carioca DJ Mêmê. Un homme qui a roulé sa bosse pendant un bon bout de temps avant de devenir l’un des remixers les plus prisés du moment. Success story… Texte : Mustafa
Quelques mots d’introduction quant à qui tu es et d’où tu viens ?
Eh bien, je m’appelle Marcello Mansur... Je viens de Rio de Janeiro, Brésil.
La signification de ton pseudo (Mêmê)?
Pas de signification réelle si ce n’est qu’il correspond à l’addition de mes initiales, preononcée de manière à ce que cela sonne comme un nom.
Comment la musique t’a-t-elle attrapé ?
J’ai toujours aimé ça. J’écoutais la radio, la télévision, et parce que je n’aimais pas particulièrement le football, il m’a fallu trouver un autre moyen de me faire des amis. J’ai commencé à organiser des soirées,n histoire de jouer les disques que j’achetais. Et avant même que je m’en aperçoive, je travaillais déjà en tant que DJ au milieu de mes amis.
Je comprends que tu as joué dans un club très connu d’Ipanema. Raconte…
Comme je disais, j’ai commencé à jouer dans des soirées au milieu d’amis, mais dès l’âge de 15 ans, je jouais dans l’un des clubs le plus connu de Rio, le Papagaio Disco Club in Lagoa. J’avais des disques que le résident n’avait pas. Alors, il m’a laissé jouer et nous sommes devenus amis. Ca a été un super bon en avant.
Comment es-tu passé de DJ à producteur ?
En 1986, des maisons de disques m’ont demandé de faire ce que je faisais déjà à la radio. C’est à dire réedtier des morceaux et en créer des versions exclusives. C’était un procédé très amateur à l’éqpoue, dans la mesure où je ne faisais que travailler à partir de matériel originel. Quand j’ai commencé à aller en studio à leur invitation, ils ont booké des musiciens dont aucun malheureusement ne comprenait le langage de la dance music. C’est ainsi que j’ai commencé à investir dans mon propre équipement et essayé de tout faire par moi-même.
Ton tout premier remix ?
Biquini Cavad Ão – ‘No Mundo Da Lua’ en 1986.
Tu t’es vu récompenser sous la forme de divers disques d’or et de platine. Un commentaire ?
Cela ne m’intéresse plus du tout aujourd’hui. Ce qui compte pour moi, c’est la découverte de choses nouvelles…

Comment t’es-tu finalement inséré dans le circuit international ? Quel est toàn premier éclat de fait qui t’a permis d’atteindre ce statut.
Cela s’est fait à travers les remixes. En 1996, j’étais un remixer et producteur reconnu au Brésil. C’est à ce moment que Sony Miami m’a proposé de faire un remix pour un artiste bolivien qui s’est soldé par un succès. Après cette expérience réussie, ils sont revenus vers moi et m’ont proposé d’en faire autant pour une nouvelle artiste (Shakira, à l’époque) sous la forme d’un radio edit ‘Estoy Aqui’. J’ai pensé qu’il faudrait que je lui donne un son clubby, me disant quoi qu’il arrive que je n’avais rien à perdre, pas plus que l’artiste qui était inconnue, alors j’ai saisi ma chance. Dans la mesure où ça marchait, cela ne pourrait être que profitable pour moi. Ma vie a changé ensuite. Même le magazine Billboard en a parlé et mentionné son impact. C’est alors que je me suis vu proposer de travailler pour des artistes mainstream comme Mariah Carey, Des'ree, Julio Iglesias, Dido… C’est après que sont venus ceux qui m’intéressaient le plus. En d’autres termes, des artistes issus de l’underground…
On voit ton nom un peu partout aujourd’hui. Quel est le secret ? Quels sont les ingrédients pour faire un bon remix ?
La base, c’est avant tout un bon morceau. C’est de là que je puise toutes les bonnes idées. Pour moi, cela vient à la fois du cœur et de ce que je ressens à l’écoute du morceau en question. Si je me mets à danser dans le studio, c’est que je suis sur la bonne voie. Je crois que toutes ces expériences que j’ai eues avec des artistes différents ont permis de faire la différence dans le son que je produis. Ni meilleur, ni pire, juste différent ! Je crois que c’est ce qui me permet d’être là où l’on ne m’attendrait pas nécessairement autrement…
Tu n’as visiblement pas beaucoup de morceaux à ton actif. Serait-ce à dire que tu préfères faire des remixes ?
Oui. Je suis définitivement un remixer. C’est le domaine dans lequel je me sens le mieux. Je préfère l’exercice du remix plutôt que la composition de morceaux originaux. J’en fais un par an et ça me suffit comme ça.
Ton plus grand succès ?
Difficile à dire, encore que les derniers remixes que j’ai produits à la fois pour le compte de Fish Go Deep (‘The Cure & The Cause’) et Kenny Bobien (‘I Shall Not Be Moved’) m’ont donné beaucoup de satisfaction et ouvert de nouvelles portes…
Avec qui aimerais-tu travailler. Les producteurs que tu préfères ?
J’apprécie les travaux de DJ Spen et Steve Angelo... Mais j’ai ma liste de ‘chouchous’ laquelle inclut Copyright, Joey Negro, Milk & Sugar et ce cher Brian Tappert... Des gens qui viennent de la scène house!!!
Ta vision de la scène ?
Elle évolue. De nouveaux producteurs et artistes arrivent chaque jour. Dans le même temps, ceux qui font partie de la scène y restent ; ce qui la rend plus consistante et lui permet d’avancer. Je dirais néanmoins que la house s’adresse à un public particulier, pour ne pas dire restreint. Il est impossible de remplir un megaclub avec de la house toute la nuit, mais il est possible de rendre ce public heureux à 100% et c’est pour moi ce qui compte le plus.
Quel est le meilleur endroit dans lequel tu as joué, celui dans lequel tu aimerais te produire ?
Le meilleur pour moi reste à ce jour la funky room du Pacha à Ibiza. J’aimerais aller jouer au Japon, n’importe où. J’aime ces gens et l’idée que je me fais des endroits là-bas.
Qu’est-ce qui manque a ta carrière aujourd’hui ?
Du temps!!! J’en manque de plus en plus à mesure que le… temps passe. Il est important de pouvoir se concentrer et ainsi créer. Je pars tous les weekends pour aller jouer, ce qui est plutôt bon signe mais m’éloigne aussi du studio en même temps.
Tes projets ?
Quitter le Brésil et venir m’installer en Europe. Ce serait plus facile pour ma carrière.
Un commentaire à ajouter ?
Oui, une phrase que j’ai vue sur un album de Tom Browne en 1980 : le poulet est la racine de tout le funk. Comprenenez ce que vous voudrez. Moi, je n’ai rien pigé... Hahahahahaha!
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