
WMC : GRANDEUR & DECADENCE…
Suite à la réception de réactions par rapport à notre dernier édito, il nous a paru nécessaire de reprendre là où nous en sommes resté et d’aller plus loin dans notre développement avec l’espoir de contribuer à donner un meilleur éclairage, dans un environnement où l’utilisation manifestement inappropriée de certains mots a fini par en diminuer quand ce n’est pas détruire la signification originale…
Des plus paradoxal, pour ne pas dire inique de constater combien, dans notre envie légitime de donner de plus amples explications quant à ce à quoi s’attendre d’un disque, de la performance d’un artiste – et plus encore de la part d’une communauté souffrant d’un manque patent d’exposition depuis une éternité – nous en sommes collectivement arrivés à générer un flou le plus complet vis-à-vis de ce qu’il est convenu d’appeler le grand public.
J’ai encore à l’esprit les réponses qui m’ont été données dans les rues de Miami, demandant mon chemin pour me rendre à la WMC, la toute première fois où je m’y suis rendu… Non seulement me sis-je entendu dire : WMC ? De quoi s’agit-il ? Mais aussi : House Music ? Qu’est-ce que c’est ? J’allais d’ailleurs oublier de vous dire que tout cela remonte à… 1996!!! Mais attendez un peu, tout ça n’était que le début. Ce qui, pour moi, allait apparaître tel le commencement de la fin d’une année à l’autre. Je me souviens de la toute première impression que j’ai ressentie, l’année où la WMC a quitté le fameux Fontainebleau-Hilton pour s’installer dans un autre hôtel. Et p*****, quel endroit!!! Où nous fûmes invités à nous retrouver au milieu d’une cour bétonnée en plein cagnard sous une avalanche de kwatts distillée par un sound system livré aux mains de cette même poignée de branleurs qui avaient déjà commencé à pourrir les étés à Ibiza quelques années auparavant… Ce qui allait conduire nombre de labels à organiser leurs propres rassemblements dans un tas d’endroits différents dans les années qui suivirent.
Et cette hisoitre pitoyable de connaître d’autres rebondissements au fil du temps. Je me souviens encore avoir participé à un ‘press panel’ au début des années 2000 où nous étions supposés parler de la façon de lancer un artiste d’un point de vue (supposé) journalistique. Là, je restais plus de 20 minutes à écouter palrer mes collègues américains et anglais (j’aurais aimé que quelque réprésentant de Blues & Soul, Straight No Chaser ou encore du magazine allemand, Groove fusse présent !!!). Et vous savez quoi ? Je n’ai pas entendu une seule fois la moindre mention faite à la… house music… Le seul exemple donné étant celui de Moby qui, vous en conviendrez, n’avait pas grand chose à voir avec le sujet de nos préoccupations…
Je n’ai alors pu m’empêcher de dire à l’assistance combien je me sentais éloigné, pour ne pas dire choqué par l’attitude d’une majorité de mes confrères, et plus encore des anglais qui, au lieu de parler de musique en elle même, y avaient trouvé prétexte à promouvoir l’utilisation de substances de mars à septembre en présentant l’extravagance d’Ibiza tel l’art de vivre ultime d’une année à l’autre!!! Et je crois tristement pouvoir dire que ce qu’il est advenu de Ibiza a fini par arriver à Miami au moment où la WMC est alliée à L’Ultra Festival, remisant au second plan tous ceux qui avaient fait d’elle ce qu’elle était initialement…
Oui, mesdames et messieurs, étrange même si des plus prévisible de voir combien l’histoire se répète d’une genre/une période à l’autre, donnant lieu à ce même genre de réaction du genre, comment c’était avant et ce que c’est devenu. Cela se produisant invariablement dès lors que les investisseurs mettent le doigt dans l’engrenage, détournant l’ensemble de son esprit initial avec l’aide de ces inévitables opportunistes en quête de starisation et les finances qui vont avec…
Inutile de vous dire, j’imagine, combien la supposée house de ces derniers ne sera jamais notre domicile… MFSB
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