Il est à prévoir que certains d'entre vous ne manqueront pas de se
demander de qui donc il est question cette semaine. Et alors !!! N'avons-nous
pas pris le parti de parler du meilleur dans ces colonnes ??? Et à en juger par
le nombre de réactions ici ou là à propos de notre invité, nous sommes loin
d'être les seuls à saluer la qualité de son travail. En fait et bien que sortant
là son tout premier album, , Marcus Füreder alias Parov Stelar est
déjà considéré comme un sérieux client par le gratin d'un groove protéiforme, de
Rainer Trüby à Dr Bob Jones, Alan 'Cuki' Brown et
Shur-I-Khan, pour n'en citer que quelques-uns…
Parov,
félicitations pour cet album de tout premier odre. Première surprise, son
intitulé qui, au regard des atmosphères que tu développes, peut paraître un peu
étonnant. Un commentaire ?
Merci, c'est un plaisir de voir combien tu
apprécies. Rough Cuts dépeint la manière dont je travaille… Rapidement parfois à
partir d'éléments à l'état brut qui, mis bout à bout, forment une sorte de
patchwork. L'intitulé en ce sens ne se réfère pas seulement au contenu…
La deuxième
surprise vient du fait que l'album ne reflète pas non plus nécessairement les
impressions ressenties à l'écoute de tes 12" et plus précisément ce que Rainer
Trüby entre autres a dit de toi, affirmant que tu avais ouvert une nouvelle
porte, faisant référence à ce qu'il appelle du nu jazz minimal. D'accord ?
Complètement. J'ai d'ailleurs
volontairement place cet album dans un autre contexte. Je joue souvent dans les
clubs où le dancefloor se veut le point central. Le public veut danser et avoir
du bon temps. J'aime ce genre d'atmosphère, mais après le week-end, vient
invariablement le dimanche et le retour à la routine où ce qu'on appelle "la vie
normale" dans laquelle je préfère me perdre en pensées. Je vis des moments à
l'heure actuelle où mes pensées et mes humeurs peuvent varier du tout au tout.
Je crois pas vraiment avoir crée un nouveau style comme d'autres avant moi
(St Germain) l'ont fait de manière bien plus véridique…
Cet album ressemble plus à une
collection de cool beats traverses de mélancolie…
On peut dire ça comme ça, oui.
Je suis quelque peu mélancolique, mais j'ai connu des temps plus difficiles
encore. Les choses se sont améliorées avec le temps, mais la mélancolie reste mon
moteur et la musique m'aide à appréhender le monde qui est le mien…
Y a-t-il une quelconque
corrélation avec ta vie personnelle ? Qu'il faudrait prendre de manière
abstraite ?
Je crois que chaque livre,
chaque image et chaque CD a inévitablement un côté autobiographique.
Quel est ton environnement au
quotidien ?
Je vis à la campagne. Ma maison
est pour moi une oasis. Lorsque je renter d'une soirée, je pénètre dans un
univers différent. C'est une sensation que j'apprécie vraiment en ce qu'elle me
permet de remettre les pieds sur terre...
D'où vient ton pseudonyme ?
Hmm? Bonne question. Je n'en ai
aucune idée. C'est juste arrive comme ça un jour….
Comment es-tu venu à la musique
?
Je viens de l'art dit classique,
la peinture pour ce qui me concerne. J'ai conçu de nombreux flyers pour divers
types d'événements, ce qui m'a permis d'avoir mes entrées. Il est arrive un
moment où cela ne me suffisait plus, alors je me suis mis à produire de la
musique. Plus j'ai mis les mains dedans, plus je me suis piqué au jeu au point
de ne plus pouvoir m'en passer. Jusque au jour où je me suis dit que c'était ça.
La musique me rend heureux.
La production autrichienne a
cette réputation d'être très intimiste. L'on serait tenté en France de parler de
viennoiseries pour tenter de traduire cette sensation de se trouver face à de
tels climates au côté introspectif décelable. Ton opinion ?
Je ne vois pas ma musique en
connection avec ce son typique autrichien. Notre scène est par trop souvent
assimilée à ce seul son lounge de Vienne. Je n'en renie pas le bien fait à
l'époque mais les années ont passé et des choses nouvelles sont arrivées. Rough
Cuts sous tend également le franchissement de caps qui n'ont pas été si
évidents, mais qui, en même temps, m'ont permis de rester sous pression.
Comment te situes-tu par rapport
à la scène locale ?
Je me sens très bien en Autriche.
Nous, à Etage Noir, avons rencontré un franc soutien de la part de nos collègues
ici. C'est une sensation agréable que de recevoir un accueil chaleureux de la
part d'autres musiciens et je les en remercie vivement.
De qui te sentirais-tu proche ?
En Autriche ? A l'étranger ?
Mes racines sont définitivement
ici en Autriche, qui est comme mon oasis verte, mais j'adore voyager et
travailler en tant que DJ. Le monde me semble trop grand pour rester tout le
temps confiné à la maison…
Tu sembles particulièrement lié
à Dublex Inc et Inverse Cinematics. Que représentent-ils à tes yeux ?
Toute l'équipe de Pulver est
très professionnelle, mais aussi à la fois profondément humaine et humble. J'ai
rencontré peu de gens aussi reconnus qui ont su garder les pieds sur terre.
J'éprouve beaucoup de respect à l'égard de leur musique et de qui ils sont dans
la vie…
Comment s'est passée la soirée
de lancement de ton album le mois dernier ?
Cela a été une soirée cool et
intime. Comme toujours, je n'aurais pas du boire la dernière bière…
Te sens-tu plus comme un jazzman
or un "électronicien" ?
En fait, je ne fais pas de
différence. Laisser travailler des musiciens "live" au contact de la technologie
la plus avancée rend le tout des plus intéressants. J'en connais pas d'autre
musique laissant autant d'espace libre que le jazz.
Je crois comprendre que tu as étudié l'art et
le design. Tout cela a-t-il constitué un avantage au moment de donner corps à
cet album ?
Pas vraiment, dans la mesure où
mes installations sonores ont toujours été accompagnées d'un travail physique.
Ces travaux liaient les aspect acoustique et optiques, alors qu'un album, hormis
sa pochette, n'a qu'un aspect auditif. Ce qui signifie que mon approche pour
faire un travail de ce genre est très différente.
Tes projets immédiats ? Ton
label ?
On n'a finalement pas mal
travaillé cette année pour une jeune société. Mon partenaire, Raul Irie, et moi
avons décidé de faire une pause de quatre mois en termes de sorties. Beaucoup de
choses se sont passées cette année et il est temps pour nous de les digérer et
prendre un peu de recul mais nous serons de retour début février 2005. Deux 12"
déjà finis n'attendent plus que d'être masterisés. Un projet house deep et
soulful de la part de Smooth Society & Frankman, les patrons du label Auris
Records de Leipzig et l'on devrait entendre parler de Raul (Irie) sous peu. Pour
ce qui me concerne, outré mes travaux de remix, j'ai un nouveau 12" attendu
incessamment sous peu sur Sunshine Enterprise, puis deux autres en 2005 sur
stir15 et Auris.
PAROV STELAR Rough Cuts LP /
'Wanna Get' 12" (Etage Noir Recordings)
More info:
etagenoir.com
Vielen Danke an Fernando
Pascoal für seiner Hilfe