Malgré le rejet de
sa plainte contre Apple, le distributeur de musique en ligne ne désespère pas de
voir sa plate-forme payante compatible avec les baladeurs iPod. Quitte à
encourager le transfert de fichiers «par l’intermédiaire d’une gravure».
Débouté par le
Conseil de la concurrence de sa plainte pour abus de position dominante contre
Apple, Virginmega.fr réagit. La société «estime avoir posé une question juste et
importante dans l’optique de développer rapidement un marché légal du
téléchargement de musique»...
La vitrine
internet des magasins Virgin Megastores (groupe Lagardère), exploite, comme son
concurrent la Fnac, un service de vente de musique en téléchargement. Ses
responsables voulaient contraindre Apple à lui céder une licence de gestion
numérique des droits (DRM), pour rendre sa plate-forme musicale compatible avec
les baladeurs iPod.
Malgré l'échec de
leur procédure, ils se félicitent d’une précision apportée par les sages de la
concurrence: «Un tel rejet ne fait pas obstacle à ce que les entreprises du
secteur, dans le cas où elles feraient état d’éléments nouveaux provenant de
l’observation ultérieure du marché, puissent saisir utilement le Conseil.»
Virginmega
rappelle d'ailleurs que le problème d’incompatibilité entre les différents
systèmes de DRM a déjà été soulevé par de nombreux acteurs du secteur, ainsi que
par les associations de défense des consommateurs. L’UFC-Que Choisir, en
particulier, envisage de s’en prendre à Apple et à Sony; leur système verrouillé
impose de posséder un baladeur de la même marque pour pouvoir lire la musique
achetée dans leur boutique de téléchargement. Seulement, sa stratégie différera
de celle de Virginmega. L’association veut assigner les deux groupes pour «vente
liée» devant les tribunaux, et non pour abus de position dominante.
Selon Laurent
Fiscal, directeur général de Virginmega.fr, «l’un des aspects positifs de cette
décision est la confirmation donnée par le Conseil que le transfert sur un
baladeur iPod de titres téléchargés sur Virginmega.fr (...) est possible par
l’intermédiaire d’une gravure». Et d’ajouter: «C’est cette approche que [nous
allons] expliquer à nos partenaires maisons de disques, et à nos clients.»
Une approche déjà
exploitée par la Fnac en septembre dernier, qui a essayé, en vain, de rendre sa
plate-forme interopérable avec tous les baladeurs. Faute d'avoir trouvé un
accord avec les producteurs de disques, les fabricants de baladeurs et les
éditeurs de DRM.
D’autres ne
s’embarrassent pas de tant de considérations. C’est le cas de Real Networks: la
société américaine a présenté cet été Harmony, un logiciel qui introduit une
dose d’interopérabilité entre tous les formats utilisés par les distributeurs en
ligne. Il transforme les chansons achetées sur la plate-forme de vente en ligne
de Real Networks afin qu’elles puissent être lues sur un iPod, malgré le système
DRM Fairplay.
Une initiative
qui n'est pas du goût d'Apple. Le constructeur s’est déclaré «stupéfait» de voir
Real Networks adopter «une tactique et une éthique dignes de pirates». Il n’a
toutefois pas encore porté plainte contre son concurrent, pour violation de la
loi américaine sur le copyright (DMCA).
Pour en savoir plus :
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iTunes