En ces jours où la (bonne) musique a un besoin crucial de meilleure
identification, toute initiative visant à en optimiser la visibilité est des
plus appréciées. Répandant la bonne parole sur le très respecté magazine anglais
Straight No Chaser via leur rubrique (Transatlantic Audio),
laquelle a donné naissance aux compilations du même nom, mais aussi versant dans
le design graphique, Karl Injex et Tyler Askew, tous deux
originaires d'Atlanta méritent toute notre attention et notre respect. Sans
parler de leur résidence mensuelle à l'Apt bar de New York sous la bannière de
Rude Movements avec l'aide de Gamall et la venue régulière
d'invités, où leur passion à l'égard de l'esprit hip hop/jazz/groove donne à une
foule demandeuse ce que la planète fait de mieux en matière de musique noire
moderne et sophistiquée. Opportunité que Fred Mobass a choisi pour
délivrer sa première contribution éditoriale sur IDMW.Com en
récoltant les réponses d'Askew à ses questions ci-après…
Comment en
es-tu arrivé à faire ton entrée dans le circuit ?
Ce fut une
réelle progression naturelle. Etant enfant, l’émergence de la culture hip hop
m’a fasciné, et je n’ai jamais décroché.

Le point de
départ de vos soirées à New York. L'état d'esprit qui a présidé à leur lancement
?
En fait, nous
voulions créer une atmosphère où des gens venus d’horizons différents pouvaient
sortir et écouter la musique qui nous faisait vibrer. Nous voulions aussi donner
un espace d’expression au magazine Straight No Chaser, aux Etats-Unis. Notre
credo était de vraiment mettre en place des soirées sans aucune prétention. On a
commencé par une soirée et depuis nous n’avons plus arrêté.
Pensez-vous
que vos soirées auraient obtenu une réponse similaire dans une autre ville que
New York ?
J’en doute.
Je ne dis pas que ce serait un échec, mais Rude Movements est unique, dû à son
environnement. C’est autant grâce à la clientèle qu’à la musique. Par exemple,
quand nous sommes bookés à l’étranger, nous jouons essentiellement la même
musique, mais l’ambiance est différente…
Allez
déplacer vos soirées sur l’étranger de façon ponctuelle ?
C’est
possible. Nous attachons beaucoup d’importance à faire évoluer les choses étape
par étape. Nous sommes en train de voir pour inclure plus de live, à l’opposé du
format DJ.
Qu’est ce que
New York a que le reste de la planète n’a pas ?
Hmm, beaucoup
de choses. Mais en même temps, je pense que chaque endroit a un quelque chose
que les autres n’ont pas. Pour ce qui nous concerne, New York a une ouverture
d’esprit, et cela nous est pratique car la musique que nous poussons vient de
cette ville. La plupart des artistes que nous programmons sont de New York, ce
qui est génial.
Quels
seraient les artistes invités à votre soirée rêvée, idéale (groupe, DJ, etc..) ?
Paul Bradshaw,
DJ Premier, Flora Purim,. George Duke, Stevie Wonder !!!
Selon vous,
qui sont les producteurs et DJ's talentueux qui montent ?
SA RA,
Waajeed, DJ Venom, Reel People.
Quand vous
voyez vos papiers ainsi publiés dans Straight No Chaser, magazine
considéré par beaucoup comme une bible, y a-t-il un sens particulier dans lequel
tu souhaiterais que cela évolue ?
Tu sais, je
suppose que je ne me pose pas trop la question. Cette colonne est quelque chose
qui s’est développé au fur et à mesure, et c’était surtout question de musique
qui nous passionne, Karl et moi, et une envie de la partager avec les autres.
Cela pourrait être en fait mon plus grand succès journalistique ! En fait,
j’adore coordonner et raconter les dernières news pour le mag (regardez
l’article sur SA RA dans le Chaser) et je vais probablement travailler sur un
livre prochainement.
Comment
gérez-vous vos bookings en tant que DJ's?
Avec beaucoup
de précautions. On veut vraiment amener quelque chose de nouveau.
Préférez-vous
être sélectifs dans le choix de vos dates et vous produire devant un public
connaisseur ou ne voyez-vous aucun problème face à un public néophyte ? A moins
que le choix des atmosphères et des rythmes dont vous disposez ne soit à même de
vous permettre d'évoluer en présence de ces deux types d'assistance ?
Question
intéressante. Je pense qu’un bon mélange de gens est important. Bien sûr que de
les amener vers de nouvelles musiques est l’essentiel, mais c’est toujours sympa
d’avoir vos fidèles qui comprennent votre démarche. Par ailleurs, je pense qu’un
équilibre entre fidèles et néophytes profite à ceux qui ne sont pas éduqués
musicalement.
Avec Gamall
(l’autre résident de vos soirées) chacun d'entre vous a-t-il uneapproche en
matière de mix avec une sélection qui lui est propre ou bien avez-vous tous les
trois tendance à privilégier les morceaux qui feront bouger le public ?
Nous sommes
tous évidemment sous le coup d'influences différentes. En revanche, je pense que
la façon d’agencer ces sons est très importante. De bons disques peuvent être
horribles quand joués au mauvais moment, dans un mauvais contexte et
réciproquement. Je pense que Karl est probablement le meilleur pour cela. Il
sait comment faire pour que les gens comprennent. Un petit truc qui nous est
propre en passant: il s’agit d’attirer les filles sur le dancefloor.
Qu'est-ce qui
est le plus important pour toi en ce moment ?
La famille et
le travail.
A quoi
pouvons-nous attendre de vous durant l'année qui vient ?
En tant que
Rude Movements, nous allons continuer à pousser les choses doucement, mais
sûrement. Nous avons un CD qui tourne en ce moment dans des magasins comme
Turntable Lab et Rush Hour. Karl et moi pensons sortir quelques trucs de façon
limitée, mais je préfère ne pas trop en dire pour l'instant…
Plus d'infos :
rudemovements.net /
aptwebsite.com
Prochaine session Rude
Movements le 14/12avec les DJ's du label Kindred Spirits.
Rude Movements, le
second samedi du mois à l'APT419
W. 13th St. – New York City, (NY) 212-414-4245