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Posted: 27/06/2005 21:38 Post subject: Scène House : Réflexion / 2005
J'ai lu quelques passages d'un sujet précédent. Il s'agissait d'un
journaliste, qui encensait l'electro au détriment de la house, si j'ai bien compris. Au risque de me meler, de ce qui ne me regarde pas et de dire quelques aneries, je me permets une petite réflexion.
Selon moi, House et Electro font partie de la meme vaste famille desmusiques électroniques, qui s'est crée dans les années 90. Ces deux styles de Dance-Music, ne sont pas antagonistes. La House va dans la continuité des métissages et des revivals des 90's, et l'Electro apporte un bouffée d'air frais, avec des sons 80's.
Je pense aussi, que la House s'est banalisé et auto-saturée vers la fin des années 90.
Pourtant, Il y en a eu des choses passionantes, au cours des 90's :
Les labels : Tribal America, F-Communication, La Yellow, Strictly Rhythm, Source Lab ... Les artistes : Masters At Work, St Germain, Superdiscount, Dimitri, Lidell Townsell, Davina, Deee-Lite, Lil Louis, Deep Dish, Franckie Knuckles, Club 69, Daft Punk, Black Science Orchestra, Danube Dance, François Kevorkian, Junior Vasquez, DJ Pierre, Salt City Orchestra, Armand Van Helden, David Morales ...
Dans des domaines voisins, j'ai aussi découvert et apprécié: Vanessa Daou, Brand New Heavies, Pizzicato Five, Jam & Spoon, Ame Strong, Incognito, Jestofunk, Air etc ... et j'en passe.
Difficile de faire mieux.
Quoique " faire mieux " ne veuille pas dire grand chose, étant donné la subjectivité du sujet. Mais bon, cette liste fait rudement mal. Je me rends compte que la période des années 90, a été faste en matière de musiques house, techno, jungle, ambient, meme le monde de la pop et du rock avait été influencé. De nombreuses idées ont étés tentés. Je peux meme dire que ça a été un raz de marée, il apparaissait presque un nouveau style musical tous les ans. Pour ceux qui étaient à l'affut des disques, qui étaient curieux et ouverts, les années 90 ont étés surprenantes. Rien ne laissait présager un tel déluge d'inventivité dans la musique dite des clubs.
En ce qui concerne plus spécifiquement la house, je trouverais toujours cela plaisant, mais elle n'a plus l'avantage de la nouveauté ou de l'innovation. Si je devais comparer, l'effet que m'a fait la house à la fin des 90's, se serait comme le 1er succés de Cunnie Williams " Saturday " en 1999. J'avais trouvé ça sympathique, mais ça ne m'avait pas fait frémir pour autant. Ni bon, ni mauvais, juste sympa. Et encore, c'est ce qui se faisait de plus potable en commercial.
A partir de 1997, avec l'arrivée du " Speed Garage ", Les choses se sont un peu '' ringardisées '', il faut le dire. D'ailleurs je n'aimais pas trop le terme de '' Speed Garage '' car c'était la techno ou la trance qui m'évoquait la notion de rapidité et non la garage-house.
L'un des défauts de la house, fut aussi d'avoir un peu trop recours aux grosses voix soul, sur des refrains '' faciles ''. Une impression que les chansons devenaient '' conventionnelles ''. N'allez pas croire que j'ai quelque chose contre les grosses voix.
Paradoxal.
Le pire des cas étant, et ça à du arriver plus d'une fois : c'est que les gens se soient lassées à tort, de quelque chose qu'ils pensaient connaitre. Une pseudo-house : formatée et sur-diffusée. Surtout vers la fin des années 90 et le début des années 2000, un malentendu médiatique.
Regardez le phénomène des compilations Lounge, plus il y en a et moins je trouve ça intéressant. Au départ, c'était une idée comme une autre. Il n'y avait que les compilations " Café Del Mar ", d'un certain José Padilla. il y a eu une volonté personnelle de créer un concept, à partir de sa culture musicale. J'avais trouvé que c'était une façon inédite pour un Dj, de créer une compilation, un recyclage classe et personnel.
Au fil du temps, les compilations lounges se sont sophistiquées, ce qui était intéressant d'un point de vue musical et culturel. En évoluant ces compilations, furent associés à des hauts lieux parisiens ou internationaux. Cela a tiré vers le haut une partie de la musique électronique et ses artisans. C'était intéressant de voir l'underground associé à un art de vivre, plutot chic. Alors qu'à la base c'est juste des dj's, qui à travers une sélection musicale finaude, voulaient recréer une certaine époque, un certain " age d'or " pour s'amuser avec les vieux codes du luxe.
Pour revenir à la house, et contredire mon opinion, j'ai été épaté durant l'hiver 2005, par une Djette, qui était venue sur Toulouse pour y faire les soirées '' Bliss ''. Excellente impression, Dj Lea Lisa.
Il y a des initiatives, qu'il faut savoir saluer et soutenir, dans la mesure de ses possibilités en tant que public. C'est pour cela que j'ai essayé d'en rater le moins possible.
Je me rappelle y avoir découvert des morceaux qui m'ont fait beaucoup d'effet comme Shaun Escoffery " Space Rider " remixé par Dj Spinna, ou Dj Spen & Karizma '' 4 the Love '' et beaucoup d'autre que j'ai entendu sans connaitre l'identité des auteurs. La bonne house existe toujours, mais son champs d'action est trés restreint. Enfin, la rareté c'est ça aussi qui fait le charme.
La dernière fois que j'avais vu une femme derrière des platines ce devait etre dans le milieu des années 90 et c'était une certaine Roussia, peut etre vous souvenez vous du titre '' Ailleurs ''. Elle avait fait un passage dans une boite au sud de Toulouse, mais son set avait rapidement donné l'avantage à des titres un peu plus hard. Question de public et de dominante techno à l'époque.
L'indisponibilité des morçeaux house et de la musique électronique en général, en Maxi-CD, a contribué à la méconnaissance des artistes, ou compositeurs et fatalement à l'abandon.
La chasse aux fameuses " Full Lengh Version " et autres '' Extended Remix '' . Il fallait se donner de la peine et avoir de la patience.
Parfois c'était terrible comme impression, les meilleurs morçeaux se trouvaient sur le support ancien et les ''banalités'' sur le support le plus moderne. C'était un truc de DJ, apre et couteux, pour suivre la cadence. Je définierais cette époque des années 90, comme une époque où il fallait, trouver, et enfiler les perles (les maxis), une à une, pour commencer à voir un semblant de culture musicale se dessiner.
Mais quand des artistes sortent 3 maxi-cds du meme titre
C'est plus de la direction artistique ... '' Il est l'Or mon Sénior ''.
Tiens à propos, je n'aime pas le MP3. C'est de la régression
technologique d'un point vue qualitatif. Du progrés numérique à rebours : faites le " Moonwalk " pieds nus ...
Franchement aprés le CD ... je n'attendais rien. C'est plus la peine d'inventé des trucs, ça suffat comme çi. Je veux dire par là, que j'appartiens à une génération qui a été éduqué dans le sens de la chaine hifi ... Pas du cerceau en plastique pour bébés. Par contre, je suis d'accord sur le fait qu'il fallait un successeur à la cassette audio, pour se faire soit meme des compilations sur un support nickel. Ce progrés là, a permis entre-autre, à des possesseurs de maxi-vinyls de les enregistrer sur CD et ainsi les sauver de l'usure. Ou, comme cela a été le cas pour moi, de réunir les meilleurs titres de plusieurs compilations pourries, pour en faire une qui tient la route.
Musicalement, je pense que les années 2000 appartiennent à l'Electro et à la Pop. Dire le contraire serait de la mauvaise foi. C'est d'aprés moi, une histoire de cycle et de mode. Les choses vont et viennent, et amènent à chaque fois une nouvelle tonalité, une nouvelle sensation. Mais il faut donner du temps au temps, pour que les choses se refassent de la meilleure façon qui soit. C'est juste que le projecteur n'est pas là, où vous aimeriez qu'il soit en ce moment, en ce qui concerne la house.
Et puis quelque part, l'underground a toujours été le refuge des musiques électroniques, et il permettra surement à la house de se régénérer à l'abris du brouhaha commercial, et par conséquent d'une pression inutile à la créativité.
Sans mauvaise critique, il faut aussi constater que la House avait remis en cause des styles musicaux antérieurs, comme la new-wave ou l'electro-funk des 80's. Tiens, ça me fait repenser à un truc ...
J'ai connu l'époque, des premiers morçeaux house, comme beaucoup de gens de ma génération. J'avais meme volé le 45 tours de " Farley Jackmaster Funk ", dans un Mammouth, en 1986-87. Rassurez vous, je l'ai payé par la suite. C'est dire, si je me souviens du disque. En fait, ce disque m'intéressait, car il y avait écrit " Funk " sur la pochette. C'était un peu pour épater les copains, en quelque sorte, mais au fond, j'espèrais bien mettre la main sur une révélation. Surprise à l'arrivée :
" Qu'est ce que c'est cet abruti qui gueule ? "
En 1986, personne ne dansait House, n'achetait House, ça n'existait pas ! Seuls " Les Enfants Du Rock " avec un sujet sur Chicago en 1987, avait vaguement évoqués le phénomène naissant. La première impression, fut donc mauvaise, je crois meme que cela a provoqué un rire avec des potes. Mais c'étaient pas des rires moqueurs, c'était la surprise d'entendre ce mec et cette chanson de ''funk-dance raté''. C'était pas évident d'aimer ça au tout début, et je me dois d'etre honnete.
Je n'ai apprécié ce morçeau, que bien plus tard. lorsque j'ai pu le replacer dans un contexte, que je connaissais mieux. J'ai commencé à entendre des trucs qui me semblaient mieux fignolés : Marrs (monstrueux), Inner City, Adeva, Bomb the Bass, S-Express, Milli Vanilli ( rien à voir, mais c'était bien quand meme) Lil Louis, Ten City ... vous connaissez la suite, si vous sortiez à cette période.
Mais où vais je en venir au bout du compte :
A l'époque, j'ai dansé et transpiré, sur ces musiques, dans des bals disco de campagne, dans des discothèques réputées ou meme d'une banalité affligeante. Les Dj's généralistes, intégraient ce genre de morceaux dans des soirées normales. Il me semble, qu'ils s'intéressaient un peu plus à la musique de leur époque, a moins qu'il y ait eut des coincidences heureuses entre des bons morçeaux branchés et Top 50, vaste débat.
Je tiens d'ailleurs à signaler au passage quelques talents de Toulouse :
Dj Oui-Fonk, qui fait des sets géniaux de garage-house / 2-step, sur Radio Campus Toulouse. Je l'ai écouté un jour par hasard, un samedi matin (quel horaire). je n'en suis pas revenu de la qualité des chansons qu'il passe dans son mix, d'autant que j'ai toujours eu du mal avec le style Two-Step. Mais le sien est excellent et je ne sais où il va le chercher. C'est bien qu'un Dj ait des bottes secrètes, c'est bon signe, il aime son métier.
Dans un autre genre, il y a une émission sur Radio FMR à Toulouse, tous les samedis soir il me semble. Le nom de l'émission est une boutade " Last Hetero Experience " et la musique varie entre l'electro actuel et la Dance-New Wave des années 80, il y a meme un petit coté Italo Disco 80's assez Kitch. Bricolé mais franchement amusant. Surtout quand Den Harrow débarque en plein milieu d'un mix, et en plus ils arrivent à accorder l'enchainement.
Last edited by Mehdi on 01/05/2008 09:29; edited 63 times in total
Joined: Sep 20, 2003 Posts: 358 Location: PARIS (France)
Posted: 31/07/2005 01:38 Post subject:
Qye d'idées lancées à l'envi qui nécéssiteraient autant de développements dans le genre Politics Of Dancing...
Quelques petites remarques ou précisions.
S'agissant tout d'abord de José Padilla que j'ai bien connu et côtoyé pendant quelques années, je crois pouvoir dire que c'était un esprit torturé, un homme à la passion comme une vague irrésolue et un coeur gros comme un tanker, dont la sensibilité à fleur de peau conjuguée à l'envie de célébrer une certaine esthétique ont été pour beaucoup dans le côté émotionnel de ses travaux... A des années lumière de l'esprit style genre pour bobos du Restaurant machin ou de l'Hôtel meszigues...
Qu'est-ce qu'un supposé DJ, si ce n'est un entertainer et pas ces nombreux débiteurs de disques que l'on entraperçoit ici ou là le nez collé sur leurs casseroles à débiter une musique, quelle qu'elle soit, de manière souvent monocorde et binaire, sans s'occuper le moins du monde des réactions du public et de ses désidératas !
Quant aux vives réactions que sucite la musique, ce n'est pas tant le morceau lui-même qui compte, mais avant tout l'émotion. Pour ce qui me concerne et après plus de trente ans d'activités, j'arrive encore à découvrir des morceaux d'époque qui me chatouillent et dont je n'avais jamais entendu parler.
Merci pour cette longue réflexion qui répond à la raison d'être de ce forum : partager des sentiments, des expériences, voire des interrogations...
F
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